Leclere, le pied dans le plat !

J’ai envie de planter ma fourchette depuis fort longtemps dans un des plats de Guillaume Leclere qui rayonne dans le restaurant qui porte son nom, dans le centre de Montpellier. 

©Chefs d'Oc

Il faut dire que ce n’est pas évident… Il faut programmer son repas bien à l’avance. La réservation est indispensable. J’avais déjà fait quelques tentatives infructueuses ( j’ai déjà du mal à savoir ce que je vais faire demain…) Du coup, ma douce s’est occupée de tout et m’a fait la surprise, pour mon anniversaire, de me réserver un repas en tête à tête chez Guillaume.

Je te raconte ? Je pose la question, mais à cet instant de lecture, tu as le choix :  tu peux t’arrêter de lire cet article en fermant cette page pour retourner faire tes achats sur Amazon ou alors tu peux continuer à lire les quelques phrases qui arrivent et qui te mettront, je l’espère, en appétit.

La salle est franchement conviviale et intime. Il doit y avoir une trentaine de couverts au maximum. Selon où on est installé, on peut apercevoir la cuisine, le chef et son équipe qui s’affairent avec calme et précision.

Avant les entrées, on nous sert des couteaux juste saisis avec des noisettes torréfiées : un délice, simple et magnifique. Ensuite, dans le menu à 40€, nous avons deux choix par étape. Avec ma douce, comme d’habitude, on va goûter à tout.

Bonite de Méditerranée à l’huile de verveine

Ça commence par une bonite de Méditerranée, huile de verveine, myrtilles et tomates confites. Quelle fraîcheur et quel assemblage des goûts ! Ça a fait mouche sur mes papilles. L’autre entrée est un carpaccio de courgettes couleur, yaourt de brebis, poutargue et chips de pain. J’adore la poutargue, ces œufs de mulet salés et séchés peuvent sublimer n’importe quel plat grâce à des saveurs maritimes puissantes.

On passe aux plats. J’opte pour le bœuf d’Aubrac, salicornes et aubergines, émulsion d’oseille et sel d’olives. Le morceau de bœuf est généreux, il fond dans la bouche, comme l’aubergine. L’oseille et le sel d’olives viennent réveiller toute l’assiette. Le deuxième plat, du poisson bien sûr, est une dorade Sébaste sur peau, cocos de Paimpol, haricots en tempura et jus d’arêtes. Ici aussi, le morceau de dorade est beau, il est épais, avec une cuisson juste nacrée. Le jus est gourmand et j’ai adoré goûter ces haricots verts en tempura.

Figues de pays, crème glacée Mascarpone

On garde un peu de place pour le dessert. Dans les deux choix proposés, ce jour là, d’abord des figues de pays, crème glacée mascarpone, beignets de sauge et jus de mûres. On est sur un dessert qui vient titiller la gourmandise, comme un dessert au chocolat, sans chocolat. Mention spéciale aux beignets de sauge qui amènent l’assiette sur un chemin inédit. Le deuxième dessert était une pêche jaune rôtie, siphon de fève de Tonka, gelée de romarin et croustilles. Le romarin, la fève Tonka et la pêche, n’est ce pas un trio inédit ? Et tu sais quoi ? Ça fonctionne !

Un futur grand domaine, le Sauta Roc, à Vailhan

… mais pas que ! Je me suis fait un peu plaisir ce soir là… En salle, Guillaume Leclere s’est entouré d’un personnel compétent qui a conçu une cave de haut vol, tant la sélection est bien faite. Le sommelier n’hésite pas à proposer quelques flacons très sympas au verre. Le Domaine Pellé en Menetou Salon Morogues, en blanc en est un super exemple. Le Sauvignon est dans sa pure expression, racé. Le rouge du même domaine, un Pinot Noir, offre son fruit et sa fraîcheur de la plus belle des manières. J’ai aussi goûté un futur grand domaine, le Sauta Roc, à Vailhan, un vin blanc gras, complexe et vanillé. Enfin, je me suis laissé tenter par un Danjou-Banessy, la cuvée Roboul 2014, un assemblage charnu et velouté de Mourvèdre et de Grenache. Pour finir, ma bouche a été rincée avec une eau de vie de framboise suisse qui, grâce à des distillations lentes, est un véritable bouquet de framboises mûres.

J’avais presque fait une croix sur mon repas chez Leclere. C’était une belle erreur, aujourd’hui je peux dire que je l’ai fait, j’y suis allé, et je ne regrette pas d’avoir attendu. Maintenant il me reste à attendre la prochaine fois … Pourquoi pas pour le déjeuner !

Qui vient avec moi ?

Par Fabien Soldevila, bObStronomie

http://www.restaurantleclere.com/