Une danse pour Kirill Serebrennikov

Le danseur montpelliérain d’origine russe Mitia Fedotenko se mobilise pour soutenir le cinéaste et homme de théâtre Kirill Serebrennikov, actuellement en procès à Moscou, dont le film « L’été » est projeté au Diagonal.

Projection précédée d’une performance de Mitia Fedotenko + débat animé par LOKKO, le jeudi 20 décembre à 20h.

Le rock russe sous Brejnev

L’URSS du début des années 80, près de la Baltique, Leningrad et les figures d’une scène rock qui rêve au son de T Rex, de Bob Dylan, Lou Reed et David Bowie. Un grand film en noir et blanc du dissident russe.

L'équipe du film à Cannes

Assigné à résidence, le cinéaste Kirill Serebrennikov n’a pas pu monter les marches au dernier festival de Cannes. C’est son équipe qui l’a représenté pour la projection du film « L’été » en salles en France depuis le 5 décembre : portrait de la jeunesse et du rock sous Brejnev.

Mitia Fedotenko

La performance de l’artiste montpelliérain d’origine russe Mitia Fedotenko en hommage au cinéaste et homme de théâtre russec, cité internationale de la danse de Montpellier.

Kirill Serebrennikov, metteur en scène et réalisateur, directeur du Gogol-Centre à Moscou, est assigné à résidence depuis plus d’un an, privé de mouvement et de la liberté d’expression. Les audiences de son procès se sont ouvertes le 20 novembre et se clôtureront le 14 décembre dans l’attente de la prononciation de la peine.

Il est accusé de détournement de 133 millions de roubles (environ 1,7 million d’euros) de subventions publiques pour des spectacles montés par sa troupe théâtrale, 7e Studio, du projet « plate-forme ». Les éléments à charge reposent sur des preuves falsifiées et des faux témoignages.

Faisant fi des règles élémentaires de l’état de droit, le pouvoir russe essaie de jeter l’opprobre – espérant accréditer l’idée qu’il n’y a pas de fumée sans feu – sur un Homme libre qui affirme son pouvoir créateur face à la censure, aux dogmes, aux faux semblants, aux mensonges sur lequel est assis l’Etat.

Derrière cette parodie de justice, il y a, tout comme dans le cas des Pussy Riot, la volonté d’un pouvoir tyrannique d’anéantir toute velléité d’un art libre se moquant des fausses vérités pour affirmer son pouvoir créateur et sa liberté de dire, dans les formes qu’il choisit, la vérité. Ce que veulent ici les dominants, c’est de faire en sorte que l’art « redevienne uniforme, consensuel, confortable, sans danger » (Kirill Serebrennikov).

Mais le cas de Serebrennikov n’a rien d’exotique. Dans un monde en proie aux renfermements, aux nationalismes, à la peur, livrée aux réactionnaires, aux identitaires, aux apprentis tyrans, la parole libre des artistes, des journalistes, des chercheurs, est menacée, leur libre circulation est entravée

S’il y a lieu aujourd’hui de demander la libération de Serebrennikov et la tenue d’un procès équitable, et de dénoncer les faux semblants qui expliquent cette entreprise de musellement de la création, c’est pour défendre une certain idée de la Culture et de la place des artistes dans la société et, avec eux, de ceux qui disent la vérité du monde au monde, et d’affirmer le pouvoir créateur de tou.te.s par quelque forme qu’il se manifeste.

Pour toutes ces raisons, nous, Mitia Fedotenko, chorégraphe russe, la compagnie Autre MiNa, le Cinéma Diagonal et nous, citoyens d’un monde libéré de l’obscurantisme, demandons l’arrêt des poursuites intentées contre Kirill Serebrennikov et ses collaborateurs, eux aussi poursuivis dans « l’affaire de 7e Studio », Alexei Malobrodsky, Yury Itin et Sophia Appelbaum.

Kirill Serebrennikov

L’URSS du début des années 80, près de la Baltique, Leningrad et les figures d’une scène rock qui rêve au son de T Rex, de Bob Dylan, Lou Reed et David Bowie. Un grand film en noir et blanc du dissident russe.