Jasmin Toccata : Bach aux parfums d’encens

Avis de vent frais à l’Opéra-Comédie, le 2 février : une bouffée de jeunesse et d’originalité balaie les ors du vieux théâtre. Jasmin Toccata réunit trois jeunes talents confirmés pour une balade inattendue dans le temps et l’espace.

Jean Rondeau et Thomas Dunford ont rejoint Kevyan Chemirani sur ce projet un peu fou d’un mariage entre baroque et rythmes persans ou indiens. Le premier est déjà connu du grand public depuis le prix « Révélation soliste instrumental » aux Victoires de la Musique Classique en 2015 et grâce à son premier disque Imagine(Erato) où son clavecin repasse son Bach. Thomas Dunford, surnommé par ses pairs le Clapton du luth, collectionne les prix prestigieux, les collaborations mythiques dans des horizons musicaux divers.

Passerelles virtuoses

Kevyan Chemirani donne d’emblée la cadence de la soirée, ses doigts volent sur le zarb (percussion d’origine persane). Le rythme est sensuel et envoûtant, très vite soutenu par ses deux acolytes qui empruntent ces passerelles virtuoses avec jubilation.

Jazz ou flamenco ?

Une chaconne plus loin, en totale immersion dans la musique baroque, d’infimes variations invitent à prendre des chemins de traverse pour se mêler à des ondes de flamenco et des boucles de jazz… D’ailleurs, le mot jazz n’est-il pas dérivé du mot jasmin ? Le voyage est total, les pistes sont brouillées. Le public s’y perd avec délices. Succès très net y compris chez les puristes et les plus anciens.

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