La Retirada en musique

Montpellier honore le souvenir des milliers d’espagnols fuyant l’armée de Franco pour chercher refuge en France, dont 10 000 environ seront accueillis et soignés à Montpellier. Un concert-lecture en partenariat avec l’Orchestre Opéra de Montpellier a relevé le défi un peu fou d’illustrer en musique, poèmes et chansons, à la fois la richesse culturelle de l’Espagne et le calvaire de l’exil.

Sophie Grattard au piano et Cyrille Tricoire au violoncelle, ont d’abord offert au public de l’opéra Comédie, l’évocation d’une Espagne mythique et rêvée. Celle de Debussy avec une grande maîtrise musicale et une association de sensibilités alternant drame et souffle d’espoir.

Un moment d’intense émotion et de pur bonheur musical avec la sarabande de Jean Sébastien Bach (Suite n° 2 pour violoncelle seul) interprétée avec talent, offrant au souvenir des morts de Badajoz et à tous les exilés, l’immense humanité du compositeur. D’autres œuvres de Pablo Cazals, Manuel de Falla et Astor Piazzola s’entremêlent aux textes proposés par deux comédiens Antxon Ordonez Bergareche et Michel Arbatz.
L’hommage est rendu à travers des récits, des rappels historiques et des poèmes. Même si l’on peut regretter le choix de la traduction phrase par phrase de l’espagnol au français qui coupe l’élan des textes et la musicalité de la langue, les mots d’Antonio Machado ou Octavio Paz traversent le temps et accompagnent toutes ces ombres si présentes au cœur d’un public composé de nombreux représentants de la communauté espagnole.