Découvrez les manèges extraordinaires de La Machine à Toulouse

Ses géants Astérion et Ariane ont attiré 900 000 personnes dans les rues de Toulouse en novembre 2018. Désormais installés à Toulouse, au bord de l’ancienne poste de l’Aéropostale, la Machine ouvre sa halle toulousaine au public, du 25 au 27 octobre. LOKKO a rencontré son fondateur, François Delarozière.

Imagines que tu te promènes dans ta ville et que tu tombes sur un monstre géant, sorti de la mythologie grecque ! C’est exactement ce qui s’est passé en novembre 2018 quand les rues de Toulouse ont été transformées en une scène de théâtre à ciel ouvert afin d’accueillir le Gardien du temple, un opéra en quatre actes. Les protagonistes : Astérion, l’antique monstre, mi-homme mi-taureau de 47 tonnes et 13 mètres de haut et Ariane, une araignée géante de 38 tonnes.

Créé par François Delarozière et sa compagnie La Machine, ce spectacle de rue immersif, a rassemblé plus de 900 000 personnes pendant quatre jours. Une première mondiale pour la ville de Toulouse. «Nous revendiquons la surprise, le bouleversement du spectateur non captif qui devient public au coin d’une rue», explique à LOKKO le directeur artistique de La Machine dans ses locaux à Toulouse.

François Delarozière est également scénographe et metteur en scène. Il s’inspire de la nature et de la forme organique ainsi que de la vie quotidienne. «Quand je fabrique une nouvelle machine je fais d’abord un dessin et ensuite, je m’appuie sur la collaboration avec l’équipe de La Machine pour l’approprier et l’interpréter. Cette interprétation est une aventure partagée enrichissante parce que chacun apporte sa sensibilité et son savoir-faire».

Les créations mécaniques de La Machine, ont voyagé déjà en Chine, à Yokohama, à Ottawa, à Liverpool et à Londres. Elles se sont installées novembre dernier, aux Halles de La Machine, dans le quartier de Montaudran. Attachée aux projets urbains et à la transformation d’anciens quartiers d’un patrimoine industriel indéniable, la compagnie, en lien avec Toulouse Métropole, participe à la réhabilitation de l’ancienne piste Aéropostale et la piste des géants. «On essaie de comprendre comment fonctionne ce quartier et comment ça va évoluer avec les machines qui sont déjà installées et les nouvelles qui vont venir. C’est un morceau de ville qui va se transformer. On est en train de mesurer et trouver le rythme dans ce lieu et cet environnement», commente François Delarozière. «A Toulouse, on est au bord du piste aéronautique dans un quartier en transformation et ainsi on participe à la dynamique, car il y a des commerces qui vont s’installer, l’habitat y sera prisé etc. C’est comme ça qu’on participe à la dynamique d’une ville. Actuellement, j’étudie des projets de ce type pour plusieurs villes au monde.»

Le travail de La Machine, installée à Nantes il y a 20 ans, va au-delà de la création de spectacles vivants. «En travaillant dans la rue, on observe la ville. Quand on intervient dans un espace public, on révèle cet espace en changeant le regard de ses habitants. Après 20 ans, on est devenu une force de travail d’expertise et de recherche. On commence à savoir analyser un lieu et la façon dont on pourrait accompagner une ville dans son développement [ou à la transformation d’un espace public]. Aujourd’hui, des urbanistes sont intéressés par notre travail. On travaille avec eux sur la transformation des quartiers, de villages où des espaces publiques. Au départ, notre travail était plutôt le théâtre et la construction des spectacles, mais aujourd’hui il devient un langage d’urbanisme en association avec des architectes, des journalistes, des politiques, des communautés. La plupart de nos projets intègrent la construction des machines nouvelles où l’utilisation des machines existantes dans un projet urbain accompagné par des spectacles. On est vraiment dans une démarche où notre imaginaire et nos créations viennent se frotter à la réalité du quotidien d’une ville».

TROIS JOURS DE FOLIE FORAINE
Du 25 au 27 octobre 2019, la Halle de la Machine rendre hommage aux arts forains et dans ses locaux, avec des manèges extraordinaires de toute la France [et un d’Espagne]. Le public aura l’occasion de voir la plus petite grande roue du monde, le PianoCocktail qui proposera des élixirs créés sous les doigts du pianiste, où encore une machine à croquer la pomme de Catherine Deneuve (ou comment requestionner notre perception de l’objet et de sa valeur). Les arts forains, c’est aussi un univers où les mécaniques, les structures, les décors et les ferronneries réinventent une atmosphère extravagante et légère. Au programme : des manèges atypiques, des spectacles, des concerts délirants et une kermesse. 

Seul le spectacle « La machine à croquer les pommes de Catherine Deneuve » est sur réservation et donne accès à la visite de la Halle. Le spectacle « El circo de la penas » est complet ainsi que les voyages en Minotaure. On peut réserver ses billets pour la visite de la Halle (de 4 à 9 euros) mais ce n’est pas obligatoire. Plusieurs animations gratuites.

https://www.halledelamachine.fr/event/attractions/

Le Dragon de Calais
Une nouvelle création va être dévoilée au public, début novembre 2019. Il s’agit d’une commande que la maire du Calais, Natacha Bouchart a fait en 2016. Trois ans après, un dragon des mers de 72 tonnes est presque terminé et va bientôt prendre le bateau pour aller à Calais. Là, du 1er au 3 novembre, le monstre ira à la rencontre des Calaisiens, avant de s’installer. Selon François Delarozière, cette création accompagne la réhabilitation du front de mer de la ville et est pensée comme un élément structurant. «J’ai rencontré des historiens, des urbanistes, les services techniques de la mairie, je me suis beaucoup baladé, on a étudié la biodiversité et on a choisi de construire un dragon qui va venir avec son histoire et identité et va ‘perturber’ le quotidien des habitants et transformer l’image que le monde a sur la ville de Calais aujourd’hui.»

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