Sète et l’art brut en force à Art Montpellier

Jusqu’au 11 novembre, Art Montpellier, la Foire méditerranéenne des arts contemporains, accueille dans une Arena reconfigurée 300 artistes représentés par 55 galeries.

C’est une manifestation qui a pris ses marques dans la vaste salle de l’Arena, tout à fait pertinente sous cette forme-là. Didier Vesse est un lutteur de foire : voilà des années qu’il tente d’imposer l’idée d’un salon d’art accessible à Montpellier. Faute de soutien, il a un temps émigré à Nîmes avec Artenim. La rencontre à Lille avec Cédric Fiolet alors directeur de l’énorme structure Lille-Grand Palais (Arena + Palais des congrès) aura été déterminante. Quand celui-ci est nommé directeur général de Montpellier Events, Didier Vesse peut enfin réaliser son rêve. Pour la seconde édition, 9000 personnes sont venues l’an dernier dans cet espace chic, soigné qui offre aussi l’occasion de bruncher.

55 galeries pour cette 3ème édition reflétant la scission juridique et politique de l’ancienne entité Montpellier Events qui coiffait 4 salles. Corum et Zénith sont devenus métropolitains. Arena et Parc Expos sont passés sous la houlette de la région Occitanie qui marque sa présence sur la foire à travers les excellents Centre régional d’art contemporain à Sète (CRAC) et le Musée régional d’art contemporain de Sète (MRAC). Rien du côté du MoCo ou du musée Fabre si ce n’est les Amis du Musée qui y organisent des visites Coup de coeur. Toutefois, Art Montpellier est bien à inclure dans la dynamique sans précédent de l’art contemporain à Montpellier. Deux belles réussites sur cette édition -où l’Espagne est bien représentée-, à côté de propositions très inégales : la présence sétoise et la thématique de l’art brut, liées d’ailleurs l’une à l’autre.

Johanne Cinier, une sétoise à découvrir

La ville de Sète a réservé un stand à une artiste encore peu connue mais qui ne devrait pas le rester : Johanne Cinier. Cette styliste qui a longtemps travaillé chez Givenchy, et s’est distinguée avec des chaussures en bois, est revenue à ses premières amours -elle a fait les Beaux-Arts à Sète-. Elle propose une série pop-féministe qui porte bien la signature de sa ville natale. Ses tableaux sont encadrés dans une caisse américaine où sont installées des lumières LED qui valorisent l’assemblage iconoclaste de tissus, peinture et photo. On a flashé sur une étonnante toile de femmes liftées intitulée « Ces demoiselles qui ne veulent pas vieillir » -en clin d’oeil à Picasso.
Une série d’artistes chinois et la découverte d’un jeune Franco-Serbe David Nicolas Djordjevic, né à Montpellier (ci-dessous) confirme le tempérament et la vitalité de la galerie Dock du Sud. Enfin, ne manquez pas la Pop Galerie ouverte récemment en face de la gare de Sète, dans un hangar, pour abriter l’exceptionnelle collection de Pascal Saumade.

La dynamique Ganivenq

Après avoir quitté la présidence de ses sociétés Proméo et Vacalians (promotion et hôtellerie), le chef d’entreprise Gilbert Ganivenq a ouvert 2 lieux d’art : Le Réservoir à Sète et La Serre à Montpellier dans le nouvel Arbre Blanc. A la faveur de l’acquisition d’un fonds spécialisé -celui du musée fermé de Lapalisse vers Moulins-, il présente un ensemble particulièrement cohérent avec notamment le magnifique Jérôme Bernal (photo). Mais aussi Claude Brugeilles, Kurt Haas, M. Pelosi, Danielle Jaquie.

Le musée d’art brut de Montpellier

Le musée montpelliérain des Beaux-Arts, ouvert par les fils de Fernand Michel, génial fétichiste aux poupées de zinc, occupe un grand espace à l’entrée avec une série de totems issus de sa collection. Remarquables également les galeries d’art brut Polysémie à Marseille avec son espace André Robillard (ci-dessous) et venus de l’Aveyron la galerie Pol Lemetais et le musée des Arts buissonniers.

 

Les A de Appart’City

Art Montpellier se fait le relais d’un secteur en plein boom : le mécénat d’entreprise. Gilbert Ganivenq occupe l’espace dans ce domaine en développant le conseil aux entreprises. Sujet sur lequel il donnait une conférence, vendredi matin.
Exemple de mécénat d’ampleur : la commande passée à une trentaine d’artistes conviés à incarner le A de la marque des appart-hôtels, avec l’appui de l’artiste sétois Maxime Lhermet (ci-dessous). Une des sensations de la foire qui rappelle les judicieuses barriques du vin Puech-Haut, un modèle du genre.

 

Vendredi 8 novembre de 11h à 21h, samedi 9 novembre de 10h à 20h, dimanche 10 novembre de 10h à 20h, lundi 11 novembre de 10h à 19h.
Sud de France Arena à Pérols. Tram direct : Parc Expos.
www.art-montpellier.com
Tarif : 9 €.

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