Aurélie Filippetti porte plainte contre Thomas Piketty

Scandalisée par les explications données lors d’une conférence à Toulouse par l’économiste (photo ci-contre) sur leur affaire de violence conjugale, vieille de dix ans [où il a justifié son attitude par le comportement violent de l’ancienne Ministre de la culture envers ses 3 filles], Aurélie Filippetti poursuit Thomas Piketty en diffamation.

Ci-dessus photo : Aurélie Filippetti au Cinemed, le festival du cinéma méditerranéen à Montpellier, dont elle a été présidente de 2016 à 2018.

Ce jeudi 21 décembre en entrant dans l’amphi de Sciences Po Toulouse, Thomas Piketty venu parler de son nouveau livre [« Capital et Idéologie »] aux étudiants n’imaginait certainement pas un tel scénario.

« Votre présence n’est-elle pas indécente ? »

A la fin de la conférence, au moment de l’échange avec le public, une jeune femme a pris à partie l’ancien conseiller de Ségolène Royal, en lui rappelant la plainte pour violence conjugale déposée en 2009 par son ancienne compagne Aurélie Filippetti. Estimant sa présence « indécente », la jeune femme l’a, très calmement, apostrophé : « Vous avez reconnu en 2009 avoir battu votre ex-conjointe, et du coup je voulais savoir ce que vous pensiez faire de cette conférence alors que dans trois jours, le 23 novembre, on va avoir une marche contre les violences faites aux femmes, et que cette semaine à l’IEP, c’est la semaine contre les violences sexistes et sexuelles faites aux femmes ? Je voulais aussi savoir quelle était votre pensée autour des violences économiques faites aux femmes ?« . Et, se tournant vers les organisateurs : « Est-ce que vous ne trouvez pas ça indécent ? »

« Vous parlez d’une affaire classée sans suite »

L’économiste-star [dont « Le Capital au XXIe siècle » a connu un succès mondial] a été visiblement sonné par cette attaque. Livide et tremblant, il s’est longuement justifié : « Je vais vous dire pourquoi c’est votre intervention que je trouve indécente : si vous voulez passer le concours de la magistrature ou de la police pour mener l’enquête, je vous invite à le passer et à faire l’enquête. En l’occurrence, vous parlez d’une affaire qui a été classée sans suite à l’issue d’une enquête et je vous mets au défi de trouver des éléments qui pourraient justifier l’idée selon laquelle il y a pu y avoir des choses qui ont été mal enquêtées ou dissimulées. »

« Une personne extrêmement violente vis-à-vis de mes filles »

« La relation dont vous parlez, a-t-il poursuivi, a été une relation avec une personne extrêmement violente vis-à-vis de mes filles. J’ai trois filles, qui maintenant sont grandes mais qui étaient petites à l’époque, et cette personne a été extrêmement violente vis-à-vis d’elles. Je l’ai mise hors de chez moi, je l’ai poussée dehors -ce que je regrette- et je vous assure qu’après le comportement qu’elle a eu avec mes filles, beaucoup de personnes se seraient beaucoup plus énervées que ça… Je regrette de l’avoir poussée, car elle est tombée dans l’entrebâillement de la porte -ce qui ne l’a pas empêchée d’aller travailler-, je le regrette néanmoins. »

Une garde à vue de plusieurs heures

En 2009, à la suite d’une plainte pour « violences entre conjoints » déposée par celle qui était alors députée PS de Moselle, Thomas Piketty avait été mis en garde à vue pendant plusieurs heures par les policiers de la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP) dans le cadre d’une enquête préliminaire, ouverte à Paris. Mais la députée avait finalement renoncé à le poursuivre. « M. Piketty ayant reconnu les faits de violence à l’encontre de Mme Filippetti et s’étant excusé, Mme Filippetti, dans l’intérêt des familles et des enfants, n’a pas donné suite à la procédure » précisait alors son avocat à l’AFP. Un avis de classement sans suite avait été adressé à l’économiste, mais assorti, malgré le retrait de la plainte, d’un avertissement et d’un rappel à la loi par le Procureur.

« Mon avocat prépare le dossier »

Le lendemain de la conférence toulousaine, « La Dépêche du Midi » révélait qu’une vidéo relayée par Twitter, avait été vue par 4600 internautes. Avant d’être retirée. Dans son édition du 22 novembre, le journal toulousain indiquait qu’Aurélie Filippetti envisageait des poursuites. L’ancienne présidente du Cinemed de Montpellier, qui s’est montrée très concernée ce samedi 23 à Paris lors de la marche contre les violences faites aux femmes, a confirmé cette information à LOKKO : « Oui, mon avocat est en train de préparer le dossier. Avec à l’appui la reconnaissance des faits que Thomas Piketty a signée, il y a dix ans, sous pli enregistré par un avocat ».

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