Régis Penalva : KRONIKlittéraire#4

En 5 minutes chrono, Régis Penalva nous parle d’un livre. A chaque fois, dans une librairie montpelliéraine. Ici, la librairie « Fiers de Lettres », 1 rue du Bras de fer, fondée en 2018 par Wissam Mimouni et Chloé Bellue.

Pour cette KRONIKlittéraire#4, Régis Penalva a choisi « La langue confisquée/Lire Victor Klemperer aujourd’hui » de Frédéric Joly (Premier Parallèle).

Comment la langue façonne-t-elle l’esprit d’une époque ?
Tout au long du règne de Hitler, le philosophe allemand Victor Klemperer a étudié les graves distorsions infligées à la langue allemande par le nazisme. Les enseignants seront désormais soumis à une « révision nationale et politique » comme les voitures, note-t-il en 1934. L’adjectif « fanatique » passe du registre péjoratif au registre laudatif.
Victor Klemperer en tirera « Lti, la langue du IIIème Reich », grand livre sur la manipulation de la langue par l’idéologie. « La langue confisquée » restitue sa démarche, ce geste critique qui aide à comprendre comment on adhère à un langage, quel qu’il soit. Car, comme l’écrit Klemperer, « on désigne l’esprit d’un temps par sa langue. » Elle est un révélateur, elle ne ment jamais : c’est elle, toujours, qui dit la vérité de son temps.

Éditeur durant des années, notamment aux éditions montpelliéraines Climats, rachetées par Flammarion, Frédéric Joly est l’auteur de nombreuses traductions, de l’anglais et de l’allemand, d’ouvrages de philosophie et de sciences sociales. Il a donné plusieurs traductions d’auteurs de la première moitié du vingtième siècle (Georg Simmel et Walter Benjamin, notamment) comme d’auteurs contemporains (Lily Tuck). Il est l’auteur de « Robert Musil. Tout réinventer » (Seuil, 2015), un essai biographique salué par la critique.

Photo ci-contre, lors de sa rencontre à la librairie La Cavale, en octobre dernier.

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