« Ne pas avoir peur, accepter, lâcher prise »

Auteure, actrice et intervenante de théâtre française, Marion Madelénat part régulièrement travailler à l’étranger, dans le réseau de la Francophonie : Asie et Afrique. Pour LOKKO, elle raconte son confinement comme une invitation à voyager à l’intérieur de soi et évoque l’impact du Covid dans le monde culturel francophone qu’elle fréquente.

La campagne «LA VIE AU TEMPS DU COVID» est animée par Lionel Navarro.

 

 

Je me sens chez moi partout où je vais

Rester confiner ce n’est pas toujours simple. Surtout en étant une artiste à l’international, car j’ai souvent envie de voyager, rencontrer de nouvelles personnes, des cultures différentes. C’est pourquoi j’ai choisi ce métier : lier voyages et spectacle, quel bonheur pour une personne comme moi ! Si je devais me décrire, je dirais que mon cœur est un peu à l’esprit d’une nomade. Bien sûr, j’ai un pied -à terre, mais je me sens chez moi partout où je vais. Alors, imaginez bien mon moral lorsque j’ai appris que les festivals auxquels je devais participer en Afrique ont été reportés. Un élan de déception mélangé à la colère m’a envahi.

Je prenais à la légère cette histoire de virus

Comme la plupart des personnes au début, je prenais à la légère cette histoire de virus… Et une grippe de plus pour laquelle tout le monde s’affole ? Avec du recul, je vois les choses d’une autre manière, car finalement si le ministre de la Culture n’avait pas suspendu les événements, j’aurais été bloqué au Maroc à l’heure qu’il est. Sans doute, je ne devais pas vivre cela.

Il n’y a pas si longtemps j’étais en Inde

Qu’est-ce qui est le plus difficile pour moi ? Ne pas pouvoir sortir. Je n’arrive plus à dormir. Mon sommeil est complètement déréglé. C’est drôle, il n’y a pas si longtemps j’étais en Inde et c’est la première fois que j’ai ressenti le décalage horaire (cinq heures de décalage horaire, je crois, avec la France) et il m’avait fallu au moins une semaine pour que mon corps trouve son rythme. Pourquoi, je n’arrive pas à dormir ? C’est un mystère énergétique. Pourtant, je fais du yoga régulièrement. Confiné dans mon appartement. Je n’ai pas de jardin ni de petit balcon pour me relier à la nature. Bon d’accord, je ne peux pas aller dehors alors je vais aller à l’intérieur de moi me ressourcer.

J’en avais presque oublié la beauté de ce monde

Le plus difficile c’est surtout, quand le soleil pointe le bout de son nez comme maintenant. Que l’énergie du printemps refait surface avec ses bourgeons et ses fleurs multicolores. En même temps, c’est un cadeau, car lorsque je sors je marche au ralenti pour humer et profiter de la magie qui monte, en moi et partout. C’est comme si je revivais.

Parfois, je pense à Anne Franck, qui se cachait avec sa famille confinée dans un tout petit espace, mais moi je peux quand même sortir à peu près tous les 4 jours pour faire mes courses.

De ne pas pouvoir sortir quand j’en ai envie, j’en avais presque oublié la beauté de ce monde. C’est comme si je redécouvrais ce qui est important.

Pour être heureuse

Pourtant, avec mes voyages, j’avais déjà appris la leçon : l’essentiel pour vivre mieux. J’ai besoin de peu pour être heureuse. Je garde le lien avec ma famille, mes amis et mes contacts professionnels grâce à l’utilisation de la technologie. C’est très utile et plutôt rassurant surtout dans ces moments.

Le virus se répand partout à une vitesse affolante. Désormais, il gagne du terrain en Afrique… J’interviens dans le réseau de la francophonie et petit à petit les alliances françaises, les Instituts et les écoles ferment rapidement. Je ne sais pas quand je pourrai repartir là-bas, peut-être cet été. En septembre ? L’année prochaine ? J’attends de savoir si le « Festival International du Théâtre d’Abidjan » en Côte-d’Ivoire va être maintenu.

Une nouvelle humanité est en marche

Les reverrais-je ? Je suis consciente depuis que mon père est décédé que la vie ne tient qu’à un fil et qu’il faut profiter de chacun de ces moments. Je sais aussi, que ce que nous vivons est un tournant dans l’histoire et qu’il n’est plus possible de revenir à la normale après le confinement. Une nouvelle humanité est en marche. Le changement c’est maintenant : plus d’humanité, de solidarité, d’entraide, de partage.

L’Afrique m’a ouvert les yeux et mon cœur sur ces valeurs, elle a tellement à nous apprendre encore. Ce n’est pas pour rien que l’on appelle ce continent le berceau de l’humanité.

J’ai foi en cette nouvelle évolution

Je ressens une profonde paix intérieure qui s’installe en moi. Je lâche prise à présent. J’ai foi en cette nouvelle évolution. Nous sommes dans une période de mouvance intense pour simplement renaître. Comme cela a toujours été le cas depuis la création du monde. Ne pas avoir peur. Accepter. Lâcher prise. Faire notre part. Le meilleur reste à venir et surtout à créer. La vie est un voyage et nous ne sommes que de passage.

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