Jean-Paul Montanari : « Montpellier Danse, c’est vraiment à moi »

Il se livre rarement. D’où l’intérêt de l’entretien accordé à Monica Zerbib de Radio-Clapas. Le directeur du festival de danse y parle de sa carrière, de son rapport au public, du festival qu’il dirige depuis 1983 et un peu de lui…

monica

72 ans, toujours aussi redoutablement subtil. Cerveau rapide, l’homme qui s’ennuie vite, fait corps avec le festival qui devait fêter ses 40 ans cet été (il a été reporté à l’automne 2020). Une rareté dans la paysage culturel français -une anomalie pour certains- et un don de soi total qui mérite bien un peu d’introspection radiophonique.

Bagouet et Frêche : ses « 2 grands amours »

Dans ce double entretien, Jean-Paul Montanari évoque ses débuts au théâtre à Lyon. C’est le paradoxe de cet homme : cet amoureux de la littérature (« c’est la littérature qui compte le plus pour moi, c’est ma seule pratique quotidienne ») a voué sa vie à un art « qui a des problèmes avec le langage« .
Il parle longuement des « deux grands amours de sa vie ». Le chorégraphe Dominique Bagouet : « j’ai commencé une psychanalyse le 9 décembre 1992 à 8 heures du matin. Dominique est mort le même jour à 16h« . Et Georges Frêche qui voyait en lui un détonnant mélange de « gauchiste, juif, pied-noir et danseur ».

Arrêter ? Une forme de mort…

Il se confie sur sa solitude de moine de la danse, qui a voué sa vie à un festival : « Je n’ai pas d’autre vie que celle de Montpellier Danse. Le festival m’appartient entièrement, c’est moi qui choisit les artistes. A Montpellier Danse, je m’occupe de tout jusqu’à la couleur de la moquette« .
Et qui snobe depuis longtemps l’épineuse question de sa succession : « J’ai eu l’idée de m’arrêter après la 40ème édition. Je me suis fait le petit cinéma de quelqu’un qui allait partir. Mais c’était une forme de mort… Transmettre ? Je m’en fous un peu. Je ne suis pas Louis 14, je n’ai rien à léguer. Le conseil d’administration nommera une personne à mon départ, qui va revivifier tout ça…. »

Un public « formidable »

Un passage retient l’attention sur son rapport à ce public montpelliérain que l’on dit éclairé. C’est un sujet qu’il évoque peu en général. « Tous les artistes me disent que j’ai un public formidable. Je ne me pose jamais la question de savoir si le public va aimer ou pas. Quand des programmateurs disent : « ce n’est pas pour mon public », je ne comprends pas ce que ça veut dire ! »
L’interview a été réalisée avant le Covid-19 et Jean-Paul Montanari trouvait déjà notre monde « terrifiant ».

 

 

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