Couvre-feu : le monde culturel sous le choc tente de s’adapter

L’instauration du couvre-feu à Montpellier désespère le monde culturel. La contestation monte. Les producteurs de spectacles réorganisent leurs horaires tandis que le gouvernement sous pression envisage de faire une exception.

 

Coup dur pour la 42e édition du Cinemed, le Festival international du cinéma méditerranéen,du 16 au 24 octobre à Montpellier. Un communiqué a précisé que la soirée d’ouverture, demain vendredi, aurait lieu comme prévu. « Notre équipe travaille à une grille horaire adaptée aux nouvelles mesures gouvernementales qui sera mise en ligne sur notre site ; les séances se termineront à 20h15 à partir du samedi 17 octobre ».

Du côté du cinéma Diagonal, comme des autres salles d’ailleurs, ce sont des grilles d’horaires entièrement remaniées qui ont été publiées sur les réseaux sociaux quelques heures après l’annonce gouvernementale.

Concert très attendu le mercredi 21 octobre au Show Case Recording (Pérols) : le groupe montpelliérain qui monte, Deleo, a avancé sa prestation à 19h (photo du haut).

Idem pour Montpellier Danse, où l’on s’est démené pour cette édition bis déplacée à 75% cet automne, les spectacles sont maintenus et avancés, souvent à 19h. La création en novembre de Christian Rizzo, le directeur du Centre chorégraphique national est reculée de 20h à 19h.

Du côté de l’Opéra et Orchestre national de Montpellier, la direction a choisi « d’avancer les horaires des spectacles programmés du 30 octobre au 27 novembre afin de permettre au public de sortir au plus tard à 20h15″. La plupart des représentations sont fixées à 18h30.

Président du Syndeac, le principal syndicat du spectacle vivant, le montpelliérain Nicolas Dubourg a publié ce texte : « Le couvre feu achève de fragiliser le secteur de la création artistique. Le secteur public de la culture subventionnée ne comprend pas ce 2e choc après le confinement de Mars. Notre pratique sanitaire est exemplaire et ne justifie en rien cette mesure radicale. Le budget 2021 du ministère de la culture est déjà inadapté avant son examen. Il faudra compenser les pertes de billetterie et accompagner les opérateurs de façon beaucoup plus forte. En premier lieu les équipes artistiques doivent bénéficier d’un plan spécifique urgent.
Le choix de 21 h sera fatal au spectacle vivant et rend impossible une adaptation d’horaire pour une part importante des œuvres produites. Il s’agit d’une décision manifestement disproportionnée ».

« La super claque » a commenté Samuel Churin, membre de la coordination des intermittents et des précaires. L’incompréhension est totale de la part d’un secteur qui a pris ses responsabilités en appliquant des règles sanitaires très strictes. Et qui fait figure de bon élève : selon le Ministère de la culture, aucun cluster n’a été décelé dans les théâtres depuis la rentrée. Tous les acteurs se demandent, dans ces conditions, quels seront « les dispositifs d’accompagnement indispensables aux secteurs du spectacle vivant et du cinéma, particulièrement affectés par le couvre-feu » sur lesquels travaille la rue de Valois.

Selon le journal « Le Monde », sous pression, le gouvernement avait envisagé d’aménager le couvre-feu pour les salles de cinéma, de théâtre ou de spectacle. « Alerté par certains de ses proches, le chef de l’Etat plaiderait notamment pour cet assouplissement ». Concrètement, on aurait laissé le temps aux spectateurs de regagner leur domicile après 21h. Mais, malgré l’insistance de la Ministre de la culture Roselyne Bachelot, le Premier Ministre Jean Castex a refusé de faire une exception.

Du côté de la halle Tropisme, où l’on se montre de plus en plus inquiet, un visuel a remplacé tous les commentaires posté par son directeur Vincent Cavaroc (notre photo « Le coup de grâce »). On sent une tension extrême et des envies d’action collective.

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