Share on facebook
Share on twitter
Share on linkedin

MONTPELLIER DANSE 2021 : ce que le Covid a fait à la danse

Du 23 juin au 16 juillet, le premier Montpellier Danse post-pandémie évoquera « un moment particulier pour la danse en France ». Une édition recentrée sur l’Agora de la danse avec des invités de l’édition 2020 annulée comme la Batsheva. En clôture, une comédie musicale de Salia Sanou, spectacle officiel du sommet France-Afrique. Et une forte présence de la danse française.

 

 

Masques, gel et distanciation
Une demi-jauge pour les salles, un(e) fauteuil/chaise entre chaque spectateur(trice) : conditions sanitaires classiques pour Montpellier Danse 2021 dont l’annonce par son directeur Jean-Paul Montanari a été faite sur montpellierdanse.com, ce jour. Une édition qui privilégie le plein air avec la moitié des spectacles à l’Agora, « unique théâtre de plein air du centre-ville ». Comment, dans ces circonstances, le festival ne serait-il pas hanté par une maladie qui touche mortellement les corps ? « Comment le Covid a impacté les oeuvres ? » : c’est une question centrale, forcément, pour Montanari qui se demande ce qui va sortir sur scène de ce « quelque chose qu’on ne connaît pas encore, quelque chose d’encore secret, de tu ».

Une affiche pour l’époque

« Nous vivons une époque terrifiante » : l’affiche du festival 2021, monstre indicible, en est le signe, tirée d’une chorégraphie de Dimitris Papaioannou , le puissant et déroutant chorégraphe grec, entre cirque et Pina Bausch, qui avait ouvert les JO d’Athènes.

Les centres chorégraphiques en force

Ayant « levé le pied » sur les compagnies internationales, Montpellier Danse se focalise sur ces chorégraphes qui sont à la tête des CCN dont le montpelliérain Christian Rizzo (« En son lieu », photo ci-dessus), dont Kader Attou, figure du hip hop français ou encore Rachid Ouramdane pour une séance de danse extrême avec voltigeurs. Enfin, Angelin Preljocaj qui « aime réserver ses expérimentations à Montpellier ». En l’occurence, une conférence de Gilles Deleuze sur Spinoza sur la musique de Jimi Hendrix… « J’ai accepté leurs propositions sentant qu’en les plaçant les uns à côté des autres apparaîtrait un fil rouge de l’état des corps après un an de virus ».

A suivre de près : la nouvelle danse française avec Thomas Lebrun, Maud le Padec, Sylvain Huc et Jann Gallois.

22 spectacles, une forte proportion de créations (12) et un « fil rouge » : c’est une expression tout à fait spécifique du vocabulaire de Montpellier Danse. « C’est une de nos spécialités : je choisis des artistes plus que des oeuvres. Je ne les ai pas vues pour la plupart. Je ne fais jamais mon marché. De sorte que s’il y a un fil rouge, il est perceptible le plus souvent après le festival ».

La danse israélienne à l’honneur

Ohad Naharin sera là avec sa prodigieuse Batsheva (photo) que Montpellier Danse a contribué à populariser, comme toute la danse israélienne depuis 40 ans. Jean-Paul Montanari le tient « avec Anne-Teresa de Keersmaeker comme l’autre pilier de la danse dans le monde ». Également la diablesse de Sharon Eyal « idôlatrée » par le public montpelliérain. Arcadi Zaides, exilé à Lyon, présentera un travail sur les corps des migrants (ci-dessous). Et un inconnu : un plasticien Karam Natour, jeune arabe israélien, présenté salle Béjart durant tout le festival.

Les sensations du festival

Une des sensations attendues du festival : la canadienne Diana Ashbee « à la nudité naïve et naturelle » (à la UNE) dont le festival présentera la totalité de la production soit 5 spectacles (photo ci-dessous). Ainsi que le solo de Jean Rochereau, l’un des plus vieux danseurs jamais vus au festival, ancien danseur de Dominique Bagouet.

Dans la métropole et dans les quartiers

Cahier des charges oblige, Kader Attou tournera dans la métropole (34 lieux seront concernés) pour une adaptation de « The Roots » avec des danseurs de l’école montpelliéraine Epsdanse, tandis que la montpelliéraine Elsa Decaudin ira dans les quartiers de Montpellier.

Un festival de cinéma africain

Festival dans le festival : Montpellier Danse propose une sélection de films africains dans le cadre du sommet montpelliérain France-Afrique. Ainsi que ce film « sur un festival qui n’a pas eu lieu » produit par Arte. Sous le titre « Cinémagora », ces séances de cinéma prolongent le festival, exceptionnellement long, de 5 jours.

Une comédie musicale pour le sommet France-Afrique

Le Covid à tout instant ou quasiment dans cette édition qui ne s’annonce pas follement mais gaie mais prend une option radicale pour la fête et la communion retrouvées avec « D’un rêve », la comédie musicale du burkinabé Salia Sanou, inspirée de Martin Luther King, avec Gaël Faye pour le texte et Lokua Kanza pour la musique. Ce spectacle sera la soirée de référence du sommet franco-africain qui aura lieu à Montpellier en présence d’Emmanuel Macron, du 8 au 10 juillet.

Tenir d’ici là, y croire : « le 23 juin, c’est encore loin ! On a tout le temps pour avoir de mauvaises nouvelles mais aussi des bonnes ».

Programme et locations :  ici

Print Friendly, PDF & Email
0 0 votes
Évaluation de l'article
S’abonner
Notifier de
guest
0 Commentaires
Inline Feedbacks
View all comments
0
Nous aimerions avoir votre avis, veuillez laisser un commentaire.x
()
x