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Au festival de Radio-France : un Tohu Bohu résistant aux contraintes

Du 26 au 28 juillet, le Tohu-Bohu, micro festival de musique électronique lié au festival Radio France troquait son traditionnel parvis de l’hôtel de Ville de Montpellier contre l’amphithéâtre du Domaine d’Ô pour 3 soirées, et 6 heures de son. Il y a eu du bon, mais aussi du moins bon, sous les yeux d’un public sous pass sanitaire, assis et privé de vente d’alcool.

Etienne Jaumet et Fabrizio Rat, deux savants fous de l’électronique

Le lundi 26, en guise d’opening, deux pontes de l’électronique investissaient l’épicentre de l’amphithéâtre de leurs machines, pour un live expérimental. Le premier, Etienne Jaumet, moitié de Zombie Zombie et gourou du synthétiseur modulaire, des séquenceurs et autres boîtes à rythmes. Face à lui, le déjanté Fabrizio Rat, une main sur son piano à queue, et l’autre sur son synthétiseur. Cela donne un live forcément hors du commun entre deux savants fous et visionnaires de l’électronique française. Évidemment, la présence de Jaumet sur son mur de synthés temporise la traditionnelle fougue de l’Italien. Aux arpèges -altérés par la présence d’objets usuels, tels que des trombones- du membre du groupe Cabaret Contemporain, Jaumet triture ses joujoux, joue de nappes psychées et de distorsions acides pour un rendu déroutant et progressif. On se croirait en pleine B.O d’un film SF dystopique. Un live progressif et aérien. Enivrant.

Le PianoBoomBoom de Mezerg

Changement de ton le lendemain pour le second acte. Mezerg, formé au piano acoustique, a révolutionné son instrument par l’ajout aux pédales de caissons de basses créant des kicks. C’est ce qu’il appelle le PianoBoomBoom. Sa main droite s’occupe des arpèges, la gauche du synthétiseur, créant des sonorités modulaires et groovy. Le thérémine, placé au-dessus, saupoudre ce live d’un brin de psychédélisme. Les deux pieds sur les pédales lancent le kick. Une prouesse et un sens du rythme certain. Si la performance d’un Mezerg débordant d’énergie est remarquable, le kick peut paraître entêtant, et absorbe le synthé. Conséquence ? Une musique parfois trop linéaire, trop mécanique, où les notes de piano ne suffisent plus à ambiancer. Sur un live d’une heure, la copie peut manquer de diversité. Néanmoins, à travers ses vidéos YouTube qui font le tour du monde, sa musique est populaire, très accés dancefloor et destinée à un large public. La foule a apprécié.

Myd et Piñata Radio pour le closing

Exit l’alliance entre piano et synthé : sonorités solaires et édulcorées pour le dernier soir. Myd présentait “Born A Loser”, son dernier album signé chez Ed Banger, label de Pedro Winter. Entre électro saturée, touches rétro et house épurée, le cocktail de l’ex de Club Cheval était rafraîchissant et faisait presque oublier l’absence d’une bonne blonde. Tom Mazarek & Og Maxwell, les deux acolytes et fondateurs de Piñata Radio -web-radio sous pavillon Halle Tropisme-, représentaient le savoir-faire local : du broken beat, du disco et de la deep house. Une dernière soirée pleine de bons moves. On regrettera encore une fois une foule amenuisée et quelque peu cadenassée.

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