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24° édition de Fiest’A Sète : une grande fête aux couleurs du monde

A l’heure du pass sanitaire, retour à la vie, retour à l’été et ses festivals. Après une édition avortée en 2020, même la pluie n’aura pas raison cette année et Fiest’A Sète a affiché complet. Retour sur les concerts des 4 et 5 août avec Sam Mangwana, Fatoumata Diawara, Piers Faccini et Delgres.

Au loin, l’édifice fortifié du XVIIe, le Théâtre de la Mer Jean Vilar se profile derrière une longue file de festivalier.e.s attendant la vérification du précieux sésame pour entrer. Libéré.e.s par l’air marin, quel bonheur de pouvoir ôter ces masques et revoir ces sourires étrangers. Assis.e face à la mer, admirer le soleil couchant teinter la scène de mille couleurs, suspendre le temps et se déconnecter dans un cadre de toute beauté. Cette ambiance chaleureuse, le berceau de la convivialité en Sète ravivé. Fiest’A Sète, c’est bien une fête qui se joue là, uni-verselle, empreinte des musiques du monde. Au premier, on profite de l’exposition collective « Déracinés » réunissant les œuvres colorées et engagées de trois artistes préruviens, Mako Moya, Ceci Rivera Vera et Moises Espinoza Urbano. Au second, on se délecte des restaurants ambulants aux saveurs réunionnaise, espagnole, marocaine, thaï… le monde jusque dans nos papilles.

Sam Mangwana, la conscience panafricaine

Mercredi 4 août, c’est l’artiste Sam Mangwana qui ouvre le bal avec sa rumba congolaise. Enfant des indépendances, le vénérable chanteur célèbre la conscience panafricaine en huit langues ! Le sourire accroché aux lèvres, le chansonnier partage ses engagements pour une agriculture indépendante et responsable dans l’espoir de libérer l’Afrique de l’industrialisation. Il s’amuse de la globalisation qui mène nos corps à danser d’un même mouvement, même lorsqu’il s’agit de leçons de morale sous des mots étrangers. Mais si nous ne parlons pas la même langue, notre cœur bat au même rythme sur une même Terre que nous devons préserver. L’amour et la liberté comme étendards fièrement dressés, il présente ses musiciens et choristes comme « des français.e.s venu.e.s d’ailleurs », une ode au vivre-ensemble et à la joie retrouvée !

Fatoumata Diawara, reine rock du Mali


Sous le ciel étoilé de Sète : la reine rock du Mali en deuxième partie de soirée. Fatoumata Diawara, l’élégance de la femme africaine et la liberté d’une artiste indépendante, composant sa propre musique avec sa guitare électrique. Une volonté de parler de l’Afrique avec les bons mots, en valorisant le sens de la famille et des traditions, et la culture riche de tous ses pays. Mais surtout un engagement pour le Mali de revendiquer « la paix pour les enfants » et de chanter pour « tous les sans voix ». L’ambassadrice malienne rendra hommage « à toutes les femmes leaders du monde » d’Ella Fitzgerald en passant par Billie Holliday jusqu’à Nina Simone, toutes ces survivantes qui ont su prendre leur place dans la société. « Africa » dira l’artiste le point levé en montrant qu’elle est de ces femmes de pouvoir qui inspirent les générations et marquent son temps de par sa stature, après seulement deux albums. Un message d’espoir pour le continent africain et une icône pour les femmes du monde entier.

La magie Piers Faccini


Le dernier soir, le festival associatif a dû s’adapter au contexte sanitaire mondial empêchant Harrison Kennedy (membre de CrossBorder Blues) de quitter le Canada, et c’est finalement l’artiste britannique Piers Faccini et sa voix douce qui le remplacera auprès du violoncelle de Vincent Segal. Une parenthèse magique laissant le public silencieux face à ce concert acoustique, savant mélange de cordes et de voix latines. Un instant poétique suspendu dans l’ère Covid, une élevation collective face à la préciosité de cette musique originelle. L’histoire d’une rencontre et d’une amitié forte, racontée les yeux fermés, comme pour mieux apprécier le plaisir d’être ensemble. De Napoli à la Réunion, en passant par les terres blues, c’est dans un voyage intérieur que cet album “Songs of Time Lost” nous invite, dans un temps perdu, celui des amours retrouvés.

Delgres, le hard blues créole

Et comment mieux clôturer cette édition qu’en faisant vibrer le public une dernière fois en hommage à une figure antillaise de la lutte antiesclavagiste, Delgres. Ambiance hypnotico-électrique pour ce trio français de hard blues créole porté par la voix de Pascal Danaë, la batterie de Baptiste Brondy et l’éléphantesque soubassophone de Rafgee. Leur groove tellurique emportera la foule jusqu’au cœur de la nuit !

Photos Pierre Nocca

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