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Jaja la Fouine, la friperie montpelliéraine qui a du chien

Jacob, le bouledogue français de la brune Margaux et de la blonde Amandine a donné son nom à cette friperie de référence à Montpellier. D’abord “Fripes Truck” puis adresse réputée au Marché du Lez, la friperie a ouvert une boutique aux Arceaux. Un concept de “silhouettes” inspiré par les boutiques de prêt-à-porter classique, de la création à base de vêtements recyclés, un lieu de rencontres : une signature unique à Montpellier.

Couleurs pop acidulées, étagères exhibant jeans Levis, petits shorts d’été, et vestes militaires, portiques croulant sous les collections de maillots de foot vintage, les chemises de tous les motifs et de toutes les couleurs, et les lunettes de soleil fantaisie pour un été pop… Pénétrer dans la boutique Jaja la Fouine revient à plonger avec délice dans les eighties. Une bulle spatiotemporelle située à deux pas du quartier des Arceaux et une nouvelle étape pour deux jeunes entrepreneuses pleines de ressources.

Du Fripes Truck au Marché du Lez

Depuis 10 ans, Margaux et Amandine, deux jeunes femmes passionnées de mode vintage et de voyage, ont monté le projet « Jaja la Fouine » ensemble. La première est journaliste de formation. Diplômée en 2011 (« par Harry Roselmack ! ») de l’École de Journalisme de Nice, elle revient vivre chez ses parents entre Béziers et Narbonne lorsqu’elle commence à travailler. C’est à cette période qu’elle rencontre Amandine, passionnée de mode, et venue tout droit de grandes maisons de prêt-à-porter. À l’origine, « Jaja la Fouine » était une friperie itinérante (un « Fripes Truck »), une caravane pouvant faire office de cabine d’essayage, écumant les routes du sud et les marchés. Au fil des conventions tatoos, festivals vintage, brocantes et braderies, Jaja la Fouine gagne en notoriété, se démarque tant et si bien que le Marché du Lez lui propose un emplacement : « le truc qui n’arrive jamais vu la liste d’attente pour pouvoir avoir une place » souligne Margaux. En 2018, la friperie itinérante s’ancre à Montpellier et devient rapidement un point de rendez-vous mode incontournable du Marché du Lez.

Le pari des Arceaux

La demande grandissante et un espace se libérant au 15 rue Jacques Draparnaud, Margaux et Amandine font un pari fou : ouvrir une boutique de Jaja la Fouine. Afin de pouvoir rembourser une partie de la caution bancaire qu’elles ont dû verser (« 13 000€, soit la totalité de notre trésorerie »), elles lancent une campagne de crowdfunding. Leur but est d’atteindre les 7 500€, elles en remporteront 8 500€. L’ouverture est néanmoins retardée lorsque survient la seconde vague de coronavirus et les mesures sanitaires qui l’accompagnent. « Nous n’étions pas essentiels… » commente Margaux dont la motivation n’a pas été entachée par ce « contre-temps ». La jeune femme n’en est pas à son premier obstacle : « Nous nous sommes toujours battues. Déjà, on est deux femmes, mais en plus deux femmes ensemble. Deux femmes ensemble, qui vendent de la friperie dans une caravane… On doit se battre encore aujourd’hui car tout ne coule pas encore de source. Le coronavirus a décalé l’ouverture. Il y a aussi un énorme échafaudage pour la rénovation de l’immeuble qui nous cache notre vitrine, puis la canicule est arrivée… Nous nous retrouvons patronnes de deux établissements avec des salariés. C’est une nouvelle étape un peu flippante…»

La touch Jaja la Fouine

« Je pense que ce qui fait notre différence, c’est notre façon de présenter nos produits de la même façon que dans une boutique de prêt-à-porter » explique Margaux. L’objectif est de créer une « silhouette ». « On regarde beaucoup les défilés et ce que proposent les boutiques de fast-fashion. Même si leurs processus de fabrication sont horribles, leurs idées peuvent être vraiment canons. On s’inspire de tout ça pour se rapprocher d’une boutique de prêt-à-porter classique, sauf que tout est de seconde main ». Une présentation lumineuse et épurée, des étalages soignés, un merchandising coquet, le but d’Amandine et de Margaux est d’ouvrir l’univers de la friperie à une clientèle qui ne penserait pas pouvoir trouver son bonheur en chinant.

Chez Jaja la Fouine, les portants sont classés par taille, et des associations sont proposées, de sorte que le client craquant pour une jupe pourra trouver le haut en parfaite adéquation en tendant la main vers le portant voisin. « Pour pouvoir présenter des silhouettes, il faut chiner en conséquence. Sur deux tonnes de jean, donc 2 000 pièces, je vais en sélection 200. On sort 10% de ce qu’on chine. Le processus de sélection est très important ». La sélection se fait par « picking », une sélection pièce par pièce à la main. « On ne reçoit pas directement les marchandises, explique Margaux. On écume les entrepôts. On a des fournisseurs essentiellement dans le sud de la France, entre Perpignan et Nice, car il faut qu’on puisse se déplacer. On a des exclusivités, ce qui nous permet d’avoir des petites perles ».

Amandine et Margaux veillent à toujours avoir ce qu’elles appellent « les basiques » dans leurs étalages : le jean Levi’s 501, la veste bleue de travail, la veste militaire, les polos Lacoste et Ralph Lauren, la chemise en jean… Margaux est formelle : « il faut qu’il y en ait toujours en quantité, ce sont les pièces les plus recherchées, les indémodables ».
Ce processus de sélection est chronophage et la jeune femme reconnaît qu’il leur arrive de fermer la boutique afin de pouvoir se déplacer et « prendre temps de trouver les pépites ». Mais concernant la sélection, c’est l’avis de la clientèle qui fait loi. Aussi, constatant une recrudescence de la demande pour le fameux pantalon « pattes d’eph » que portaient Christina Aguilera et Britney Spears dans les années 2000, Margaux et Amandine ont contacté leur fournisseur : «  On ne pouvait pas se déplacer alors on l’a appelé en visio. On lui a dit exactement ce qu’on cherchait et il nous a envoyé une cinquantaine de jeans Levi’s flair. »

Des fringues recyclées

L’aspect « seconde main » et développement durable n’étaient pas la priorité lorsqu’Amandine et Margaux ont commencé l’aventure « Jaja la Fouine ». Mais, au fil du temps, leurs actions et décisions ont mené à une envie d’agir au quotidien pour le futur. « Je plains la génération qui arrive », soupire Margaux. « Si ce n’était pas l’idée de base, nous sommes fières d’agir à notre échelle pour un lendemain meilleur ». En 2015, Margaux et Amandine commencent à récupérer les t-shirts « fanés » pour créer des t-shirt « tie and dye » avec de la teinture. Lorsqu’elles coupent les jambes des jeans pour en faire des shorts, elles gardent les chutes de tissus pour les donner à Zoar, un artiste montpelliérain qui a créé la marque Miaraka (« ensemble » en malgache) et utilise le recyclage textile pour créer ses « miki », des casquettes sans visière évoquant les chapeaux bretons que portaient les pêcheurs. «  Ce qui pourrait être de la matière perdue est ainsi récupérée  » se réjouit Margaux avant d’ajouter : « nous avons quatre vitrines à la boutique mais trois nous suffisent. Nous louons donc la quatrième à des créateurs intéressés par l’upcycling (le recyclage des vêtements) pour qu’ils puissent exposer leur travail. » Depuis l’ouverture de la boutique, les bonnets de Miaraka, les chaussettes dépareillées 100% français et éco-responsables de Shopaholic, les nœuds papillons et barrettes de « Noeud Chic » et les crops tops en taie d’oreiller 100% coton de Knl ont pu s’exposer à la vue de tous dans la vitrine de Jaja.

Un vrai lieu

Avec cette première boutique, Amandine et Margaux désirent créer un lieu d’échange et de rencontres. « C’est pour cela que l’on a aménagé le coin essayage avec des écrans et des gros poufs violets, pour que les visiteurs puissent se poser un peu et avoir un coin à eux ». Durant le confinement, cet espace était dédié à des live joyeux et musicaux durant lesquels Amandine et Margaux vendaient en direct, à leurs abonnés, des pièces de leurs rayons. Un système qui a plu aux clients, qui passent commande, encore aujourd’hui, depuis toute la France.

Jaja la Fouine a trouvé son nom et son logo grâce au charmant Jacob, le bouledogue français de Margaux et Amandine qui avait décidé, un jour de marché, de chaparder un Pikachu géant dont les billes de polystyrène avaient inondé les allées… Aujourd’hui «  Jaja  » n’est plus là mais sa bouille joviale, dessinée par Voglio Bene, artiste montpelliéraine, accueille toujours les clients, les curieux et les amis…

Les rendez-vous de Jaja la Fouine
-Mercredi 22 septembre aura lieu le vernissage de l’exposition Pride 2021 « Be Proud » suite à la décision de l’association « Fierté Montpellier Pride » d’investir le chop avec des clichés prônant la liberté. Dès 19 heures, Laura Vas aka « La Louve » sera aux platines pour accompagner le dévoilement du shooting.

Où trouver Jaja la Fouine ?
-Dans son Truck au Marché du Lez, 1348 Av. de la Mer-Raymond Dugrand, MTP.
-Au Shop aux Arceaux, 15 rue Jacques Drapanau, MTP.
-Sur Facebook : JaJalaFouineBoutique
-Sur Instagram : jaja_la_fouine
-Par mail : friperie.jajalafouine@gmail.com

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