Le tour de France 2025 fait étape à Montpellier, les 21 et 22 juillet. LOKKO en profite pour vous dresser la bande-son de la petite Reine, histoire de vous mettre en jambes. De Bourvil à Jean-Louis Murat.
Pingeon, fleuriste à Montpellier
Qu’il soit tout d’abord permis à l’auteur de la présente chronique d’évoquer un souvenir personnel. Habitant alors la rue de la Merci – quartier Plan Cabanes-, je me mets en quête d’acheter un bouquet de fleurs pour ma dulcinée d’alors. J’arrive cours Gambetta et je vois : «Fleurs Roger Pingeon». Aussitôt je me dis, tiens, c’est amusant, le même nom que le vainqueur de l’édition 67 du Tour de France, du Tour d’Espagne 69 et qui avait fait second de mon voisin de l’époque -en banlieue bruxelloise-, le cannibale Eddy Merckx, cette même année 69. J’entre dans la boutique et… c’était lui ! Il sera ensuite engagé par le Département de l’Hérault, dans son département Sport, avant de retourner dans ses terres natales, dans l’Ain. Où il décèdera, en 2017, à 76 ans.
Côté littérature
Sur le vélo au cinéma, comment ne pas souvenir du Voleur de Bicyclette de maître Vittorio de Sica, en 1948. Classique d’entre les classiques. Et en littérature, la série des bicyclettes bleus de Régine Desforges (1935-2014), se situant durant l’Occupation dans le même rayon (de bicyclette) que le texte légendaire de Pierre Barouh mais en plus bucolique. Au plan littéraire encore, les chroniques d’Antoine Blondin (1922-1991) pour L’Equipe, réunies sous le titre : Le Tour de France en quatre et vingt jours, publié chez Denoël en 1984. Plus près de nous, les livres des écrivains Christian Laborde, Paul Fournel (dont une biographie sur Jacques Anquetil, coureur à l’impressionnant palmarès) ou encore Eric Fotorino, sont incontournables pour tout amoureux de la «P’tite reine».
Rayon chanson, l’immortelle A bicyclette, perle d’entre les joyaux, que l’on doit à l’incontournable duo Pierre Barouh et Francis Lai. Un classique du répertoire d’Yves Montand et sorti une certaine année… 1968. Avant lui, Bourvil, pas encore comédien, nous avait gratifié aussi d’un A bicyclette, paru au sortir de la guerre en 1946.
Nous sommes des Raymond P
Les coureurs du Tour de France, ces héros modernes à vélo, ont inspiré les chanteurs. Ainsi, Kent a dressé, le constat que nous étions tous des Raymond P en puissance. Ou plutôt en impuissance : le brave Poupou étant entré dans la légende comme l’éternel second, de Jacques Anquetil d’abord, d’Eddy Merckx ensuite. Il a gagné certaines fois mais c’est ainsi…
Romain Didier, de son côté, est l’auteur, en 1989, d’une très émouvante ballade à Joachim Agostino, champion portugais décédé à 41 ans, 5 années auparavant, alors qu’il était en tête du «Tour de l’Algarve» (il ne se remettra pas d’une fracture du crâne).
A son tour, Dick Annegarn consacrera une complainte à celui qui était alors le vétéran des pelotons, à plus de 40 ans : «à cause d’un chien on peut chuter, à cause d’un chien on peut tomber…/…Agostino c’est toi le plus beau, Agostino c’est toi le plus fort !».
L’imbécillité en maillot jaune
Une année de passage à Bédarieux, Paco Ibanez s’en était pris, assez gratuitement, à son compatriote Miguel Indurain, qualifiant le vainqueur du Tour de France «d’imbécillité en maillot jaune». Fred Poulet se montrera plus élogieux, mais surtout bien plus amusant, en 1996 avec son : Waking Indurain.
Le désormais sétois Didier Wampas (photo à la Une / Mathieu Génon / Hans Lucas) a rendu hommage au coureur italien Marco PANTANI, retrouvé mort dans une chambre d’hôtel à Rimini, sans doute victime d’overdose après avoir ingurgité un cocktail explosif de cocaïne et d’anti-dépresseur.
L’auvergnat Jean-Louis Murat, décédé en 2023, aura Federico Bahamontes en tête (décédé bizarrement la même année que le chanteur mais bien plus vieux, à 95 ans)au moment d’écrire sa très belle chanson.

Très beau panorama enchanté par un journaliste qui connaît la chanson. Car, de moins en moins nombreux, ils sont loin de former un peloton musical, lesdits journalistes !