Biennale Euro-Africa 2025 : l’African Touch de Montpellier

Excepté son nord maghrébin, l’Afrique n’était pas au cœur des intérêts culturels montpelliérains plus portés sur l’espace méditerranéen. Depuis le sommet Afrique-France de 2021, Montpellier s’est construit une identité africaine dans le cadre d’un spectaculaire travail diplomatique. Du 6 au 12 octobre, la seconde Biennale Euro Africa propose 130 événements gratuits (*) dans 40 lieux, avec la participation de 20 pays africains, 300 artistes, intellectuels, entrepreneurs, scientifiques réunis. Notre sélection du meilleur de la « BEA ».

Tout a démarré avec un relai via la halle Tropisme de la Saison Africa 2020. Qui montrait une « Afrique à 360°, riche de 1000 initiatives issues d’un continent trop souvent mis à l’écart de la chaîne de l’innovation telle que pensée par les Occidentaux » expliquait alors Vincent Cavaroc, référence de l’africanité montpelliéraine, aux commandes de ce nouvel événement.

En octobre 2021, 1000 représentants de 54 pays étaient invités à Montpellier en présence d’Emmanuel Macron. Le Sommet Afrique France, préparé par l’historien du post-colonialisme Achille Mbembe, qui tournait le dos aux vieux usages de la Françafrique en switchant les chefs d’état, fut un acte marquant du renouveau du lien avec l’Afrique dont les enjeux dépassaient largement la seule cité montpelliéraine.  

Une série noire

Une série noire montpelliéraine démarrait qui dit à quel point les métropoles sont entrées dans une ère adulte de la coopération internationale, dépassant le stade désuet du jumelage. Aux programmations culturelles sont associées des rendez-vous de coopération économique. Avec du business en coulisses.

Cette intense activité culturo-économique a permis de faire émerger une diaspora invisible. On se souvient de l’exposition sur l’esplanade de Cédric Matet mettant en évidence des visages désormais mieux connus : la juriste Adame Kante, l’avocat et ancien Ministre Cheick Sako, le chef d’entreprise Bertin Nahum, la photographe Hélène Jayet, la styliste Daniele Engele, la chanteuse-compositrice Emma Lamadji, le docteur Samir Jabert ou encore le musicien Imed Alibi. Auxquels s’ajoutent les étudiants. La moitié des étudiants montpelliérains sont africains.

En ces temps de glaciation protectionniste, l’ouverture humaniste de l’enclave montpelliéraine, en matière de culture en particulier, reste à analyser. De même qu’on attend une évaluation publique des retombées de ce tropisme africain qui n’a pas eu que des effets heureux. Le parti-pris africain de la candidature au titre de Capitale européenne de la culture a manifestement joué dans l’échec de Montpellier.

A suivi la première édition en 2023 de la Biennale Euro Africa. Ce nouvel événement, deux ans après, lui succède, du 6 au 12 octobre, « axé autour du mouvement, celui des corps, des idées, de l’innovation, le mouvement qui rapproche les hommes et les cultures » pour reprendre les mots de Michaël Delafosse.

NOTRE SÉLECTION

850 congressistes. Une nouvelle ère de coopération entre l’Europe et l’Afrique : des réponses innovantes aux défis environnementaux” : deux jours d’échanges avec des chercheurs, entrepreneurs, décideurs et acteurs de la société civile des deux continents. 16 tables-rondes et 850 congressistes attendus de France, d’Europe et d’Afrique. Lundi 6 et mardi 7 octobre au Corum. 

Albie Sachs, mythe sud-africain. Rencontre avec l’auteur Sud-Africain autour de son livre : “Notre histoire mérite une fin heureuse. Journal de prison, Afrique du Sud, 1963”. Un auteur considérable, un des grands militants contre l’apartheid, qui a perdu un œil à la suite d’un attentat, un des pères de la constitution sudafricaine. Lundi 6 octobre à 18h au Corum.

Circus Baobab en entrée libre. La Biennale Euro Africa 2025 s’ouvre sur cette création de Circus Baobab, une ode à la nature. Une des plus grandes troupes de cirque du monde. Lundi 6 à 20h au Corum. Inscription sur le site.  

Sanaa Mejjadi, la tisseuse. Exposition immersive de Sanaa Mejjadi, artiste installée à Montpellier depuis 2009. Oeuvre-installation tissée, peinte et construite à partir de matières brutes. “Refuge, ce qui reste” est une réflexion autour des mémoires, des héritages et de l’exil. Mardi 7 à 18h, vernissage à l’Hôtel d’Aurès.

La collection Zinsou. Déjà vue au MOCO, c’est le retour à Montpellier de la prestigieuse collection béninoise. “Mix and Match ” convoque des oeuvres d’artistes des 4 coins de l’Afrique, reconnus internationalement ou émergents. En toile de fond, le médium textile s’impose comme mémoire collective, outil de revendication et de transmission. Mercredi 8 à 18h, le vernissage à la Halle Tropisme.

Le rap rwandais en photo. Des photos argentiques de Michiel Robberecht sur le collectif rwandais de rap +250. Vernissage le 8 octobre à 18h à la halle Tropisme.

Pamela Badjogo, l’afro-jazz gabonais. Cette artiste afro-jazz gabonaise nous plonge dans l’effervescence des nuits agitées d’Afrique centrale. Ses textes sont résolument féministes. Jeudi 9 à 20h, au théâtre Jean Vilar. Photo à la UNE.

Siaka Coulibaly à la Mosson. Le danseur et chorégraphe burkinabé Siaka Coulibaly, formé à la Termitière, structure de référence pour la danse contemporaine africaine, est désormais installé à Montpellier. Il danse un solo inspiré par son histoire personnelle. Jeudi 9 à 18h, Parc Sophie Desmarets.

Bella Bah à Restanque. Cet artiste guinéen, échappé en zodiaque de son Afrique natale, présente un travail issu de sa résidence à Restanque, le nouveau tiers-lieu du collectif Line Up. Jeudi 9 à 19h : vernissage à Restanque.

Nuit africaine. Une nouvelle Nuit des ateliers à Tropisme, sauce africaine. Une déambulation dans une trentaine d’ateliers et autant d’expositions, de performances, DJ set, tattoo, food…À 19h : East African Music, à 19h30 : Bostwana Fashion Show. Vendredi 10 à 18h, Halle Tropisme.

Urban Fashion Show. Des designers et designeuses émergents du Botswana, du Maroc et du Cameroun investissent Montpellier pour un défilé dansé. Ils iront ensuite à la Fashion Week parisienne. Samedi 11 à 15h, Esplanade Charles-de-Gaulle.

Une création de Salia Sanou. Une création hybride de Salia Sanou, ancien danseur de Mathilde Monnier, nouveau directeur du Centre chorégraphique de Nantes, avec Ange Fandoh, chanteuse et compositrice et Nicolas Clauss, artiste et vidéaste, interprétée en physique et à distance avec des danseurs et danseuses du Cameroun.  Samedi 11 à 20h, Agora, Cité internationale de la Danse.

Le Closing . Pour le grand final de la Biennale, artistes internationaux et locaux se retrouvent pour une soirée mêlant DJ sets et lives. Au programme : rap rwandais et tanzanien. Dimanche 12, à 16h, à la Halle Tropisme.

Les femmes de Tartit. Ce groupe originaire de Tombouctou chante l’exil, l’amour, la paix et la condition politique du peuple touareg. Il est composé uniquement de femmes, mauritaniennes, venues des camps de réfugiés. Dimanche 12 à 17h au JAM.

Africiné. Le Festival Africiné Occitanie : Valère Hounhanou, figure de la disparo montpelliéraine, propose un aperçu du cinéma actuel en Afrique. Un événement parrainé par le Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou ou FESPACO. Dans divers lieux de la ville, du 6 au 11 octobre.

Afrobreak, la crème du continent. Les meilleurs breakers du continent, revisitant le genre avec leurs codes culturels, venus de 10 pays, pour des démonstrations et un battle final sur l’esplanade. Du 10 au 12 sur l’esplanade.

Robyn Orlin, son solo new-yorkais. Le solo de la grande chorégraphe sud-africaine créé à New-York en 1994 à partir de l’observation des SDF (In a corner the Surrenders). Samedi 11 à 19h à Arts Fabrik à Combaillaux.

(*) Tout est gratuit, sauf 2 spectacles payants au Jam (8 euros) et à Arts Fabrik (5 euros). Inscriptions sur le site.

Biennale Euro Africa du 6 au 12 octobre à Montpellier. Tout savoir, ici

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