Un peintre figuratif très tendance est exposé au MOCO Panacée dans le cadre de l’exposition L’esprit de l’atelier -16 artistes formés aux Beaux-Arts de Paris avec Djamel Tatah : Bilal Hamdad, artiste franco-algérien de 39 ans, a fait sensation cet hiver au Petit Palais à Paris, avec ses toiles urbaines inspirées des grands maîtres de la peinture. Figure de la jeune garde picturale française, son œuvre peut parler aux plus jeunes.
Les Beaux-Arts de Paris sont les seuls du genre à perpétuer la tradition de l’atelier, regroupant des élèves autour d’un grand artiste, français ou étranger. Pendant 15 ans, de 2008 à 2023, l’éminent Djamel Tatah, qui vit très discrètement à Montpellier, a accompagné toute une génération. 16 d’entre eux ont été sélectionnés pour figurer dans une exposition.

Parmi eux : Bilal Hamdad, dans une salle réservée (salle 2). Dix ans de Beaux-Arts : quatre en Algérie à Sidi Bel Abbès, sa ville natale, trois à Paris (il est diplômé en 2018), trois à Bourges et une érudition impressionnante.
Il avait beaucoup travaillé d’après modèle à Sidi-Bel-Abbès mais à Paris, il compose à partir de photos prises sur smartphone dans la rue. Il visite frénétiquement les grands musées, qui lui donnent «des solutions» confie-t-il à LOKKO. Au Prado à Madrid, il étudie «comment Titien a inspiré Caravage. Tout musée raconte des filiations». Sa touche est « inspirée par Manet et Degas qu’il cite dans certains détails » commente Numa Hambursin, commissaire de l’exposition et directeur général du MOCO. «Des clins d’œil plutôt que des hommages» tient à préciser l’artiste qui a adopté le clair-obscur comme procédé dominant. Un dialogue avec ses maîtres dont la maîtrise tranquille impressionne.
Vendeurs de clopes et natures mortes
Pour sa première grande exposition dans un musée, au Petit Palais, il fait se côtoyer les vendeurs de clopes du métro Barbès et les natures mortes de Manet. L’Enfant à l’épée de Manet juxtaposé à son Garçon sur trottinette relève d’une audacieuse évidence.
Ce «peintre de la vie moderne peint le Paris des années 2020 comme Manet ou Degas celui du XIXᵉ siècle» s’enthousiasmait Le Monde. «Quand, plus tard, on voudra savoir quelle était la physionomie de Paris dans les premières décennies du XXIe siècle, le mieux sera de se référer aux peintures de Bilal Hamdad».
«Je ne m’y attendais pas. Cela me donne une responsabilité» confie Hamdad à LOKKO, toute en chaleureuse modestie, à la Panacée qu’il connaît bien. Il était déjà venu à Montpellier, il y a deux ans, pour l’exposition Immortelles.

La série des cafés parisiens, dont on voit des exemples à Montpellier, est inspirée des Ménines de Vélasquez (17è) que Hamdad a étudié lors de sa résidence à la Casa Velasquez à Madrid, notamment le principe «des surfaces miroitantes en arrière-plan, qui viennent ouvrir la composition en reflétant des éléments hors-champ». La série L’horizon, de magnifiques gisants, également présents à Montpellier, doit beaucoup à l’Ophélie du britannique John Everett Millais (19e).
Désormais représenté par la prestigieuse galerie Templon, Bilal Hamdad est déjà un grand nom de la peinture figurative. «Je préfère qu’on dise figuratif plutôt qu’hyperréaliste, comme je l’entends souvent». Et un peintre percutant de la transmission et du métissage, prodigieusement enraciné dans l’histoire de l’art.
Bilal Hamdad à La Panacée dans le cadre de L’esprit de l’atelier -16 artistes formés aux Beaux-Arts de Paris avec Djamel Tatah. Salle 2. Jusqu’au 3 mai 2026. MO.CO. Panacée, 14 rue de l’École de Pharmacie, Montpellier. Du 31 janvier au 3 mai 2026. Du mercredi au dimanche de 11h à 18h.
Portrait ©Laurent Edeline. A la Une : BILAL HAMDAD, Vermillon, 2024, Huile sur toile, 162 × 130 cm, Courtoisie de l’artiste et Templon, Paris, Bruxelles, New-York © Laurent Edeline. Photo ci-dessus : Bilal HAMDAD, L’horizon II, 2023, huile sur toile, 162 × 230 cm. Collection Francès. Photo : D.R. / Galerie Templon © Adagp, Paris, 2026