“France, il était une fois” : la tech au secours d’une Occitanie surchauffée

Biosphères, éoliennes, double toitures, fenêtres à énergie positive : comment la technologie peut aider la population à s’adapter dans la France de 2100 ? Le film d’anticipation de Michael Pitiot, grâce à la magie des effets spéciaux, nous projette dans un pays qui s’est montré ingénieux face au changement climatique. Fascinant (en accès libre sur France TV).

Pour ce documentaire hautement recommandable, à l’angle original, 43 experts ont été consultés tels que Serge Zaka, un agroclimatologue montpelliérain mondialement connu, expert en culture et maraîchage dans des conditions de gel et de sécheresse. Egalement Philippe Bihouix, un ingénieur spécialiste de la low-tech, littéralement basse technologie. Tout cela porté par la voix de Stéphane Varupenne de la Comédie française.

Le vent comme moteur

Ici, pas de scénario catastrophe imaginant la fin du monde. Le documentaire propose plutôt au spectateur d’imaginer un avenir où les technologies nous aident à nous adapter à un environnement bien différent du nôtre. Entre autres, la montée des eaux et le réchauffement climatique qui ne cesse d’augmenter avec une prédiction de +4°C dans moins d’un siècle. A cette date, il y aura des orangers au château de Chambord.

“Dunkerque, demain, serait bien différent de la ville que l’on connait. Mais en prenant le temps de la repenser, on pourrait inventer un nouvel art de vivre dans le nord”

Imaginez la ville de Dunkerque devenue la nouvelle Venise du monde, un endroit où la végétation est luxuriante et où des innovations rapprochent l’humanité de la nature. La puissance du vent pourrait permettre d’actionner des niveleuses de plages automatisées fonctionnant à l’énergie éolienne. Une véritable collaboration peut exister entre l’high-tech telle que l’intelligence artificielle, se combinant avec des techniques dites “plus primitives” grâce à la low-tech.

D’un côté l’high-tech ou haute technologie. C’est ce qui cherche à repousser les limites du possible en utilisant les derniers savoirs technologiques développés. La low-tech est, au contraire, relève d’une approche plus simple mais aussi plus robuste en limitant les impacts environnementaux. Elle est prévue initialement afin de répondre à nos besoins fondamentaux tels que se nourrir ou se déplacer. D’apparence, ces deux paradigmes pourtant différents peuvent aider les Français dans leur futur quotidien.

L’Occitanie, terre aride

Dans un peu moins d’un siècle, l’Occitanie et la globalité du sud de la France pourraient devenir une terre aride. En effet, la chaîne des Pyrénées agit comme une barrière climatique. Malheureusement, avec quelques degrés de plus, cette barrière se brisera avec pour conséquence le déplacement des masses d’air. La région deviendra alors un lieu très aride. Nos modes de vie seraient bousculés et l’adaptation à cette nouvelle vie sera obligatoire. Mais quels sont concrètement les moyens qui peuvent être mis en place dans un tel environnement ?

On parle de +4°C en moyenne en 2100, suffisant pour que le climat bascule. L’Occitanie pourrait alors ressembler à une plaine aride. Le manque d’eau et l’érosion pourraient assécher la terre. La canicule sera accentuée par un vent chaud et sec, le Foehn.”

50°C à Carcassonne

L’exemple de la ville de Carcassonne (photo à la UNE) va permettre d’y voir plus clair. Dans l’avenir, l’air sera aux alentours de 50°C et l’Aude serait le premier élément affecté par la sécheresse. On pourrait alors s’imaginer des biosphères à l’image d’un film de science-fiction. Le défaut de cette méthode résiderait dans le fait que plus les chaleurs montent, plus il faudra climatiser l’intérieur de ces sphères. Une course aux nouvelles technologies serait alors enclenchée et deviendrait de plus en plus coûteuse environnementalement parlant.

Des techniques plus concrètes pourraient être mises en place en combinant high-tech et low-tech afin de trouver des solutions plus concrètes. Tout d’abord, un système de double toiture. Il a été popularisé dans les années 70 et est actuellement utilisé pour les bâtiments bioclimatiques. Le système est simple : deux couches de tuiles romanes, en terre cuite, séparées par une tranche d’air. La partie exposée au soleil va donc chauffer fortement réchauffant l’air. C’est alors que les lois de la physique entrent en action : l’air chaud étant plus léger que l’air froid, la chaleur va tout simplement remonter. En combinant cela à des puits que nous aurions creusés sous les maisons, nous pourrions donc climatiser naturellement nos maisons en utilisant la fraîcheur des sols comme le font les termites.

Cependant, les nouvelles technologies ne sont pas en reste. En effet, l’utilisation de fenêtres à énergie positive pourrait devenir monnaie courante. Le système est simple. La fenêtre a pour mission de capter les rayons UV et les stopper pour les transformer en énergie électrique. Une alimentation innovante de notre habitat mais aussi un moyen de lutter contre les chaleurs affolantes de l’extérieur.

“La technologie ne sera pas absente, mais c’est dans nos modes de vies qu’il faudra chercher des solutions. Sur les façades exposées au sud, on pourrait revenir à des matériaux qui respirent. Bien ventilée, la pierre emmagasine la fraicheur la nuit et la restitue le jour.”

Pour les problèmes liés à l’agriculture, l’air frais sous la terre n’a pas fini d’être notre compagnon d’arme. En effet, étant à l’abri des rayonnements, il peut nous permettre un maraîchage (la culture intensive de fruits et de légumes) vraiment efficace. Cela sera rendu possible par la combinaison de nouvelles technologies avec l’apport de lumière LED et de techniques ancestrales : le biomimétisme. Cette technique imite un écosystème pour s’en inspirer et reproduire ses techniques. Cela permettra notamment de cultiver des produits bio afin de proscrire l’utilisation de pesticides (en photo, Paris végétalisé).

IA versus Nature 

Les défis climatiques qui nous attendent sont colossaux, mais les solutions sont déjà à notre portée. Comme nous l’avons vu, l’avenir ne réside pas dans un choix entre progrès technologique et retour au passé. Au contraire, c’est en faisant de l’high-tech et de la low-tech de véritables compagnons de route que nous pourrons nous adapter. En Occitanie comme ailleurs, cette alliance entre l’intelligence artificielle et l’intelligence de la nature sera notre meilleur atout pour transformer la contrainte en une nouvelle manière de vivre sereinement.

Ce reportage est disponible en replay sur la plateforme France TV jusqu’au 2 août 2026.

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