Une série de tags d’extrême-droite sur l’un de ses chapiteaux met le festival engagé de Viols-le-Fort sous pression, son existence est menacée.
Acte isolé ou pas, les insultes ne visent pas au hasard. Le festival Chap s’assume depuis des années en tant que festival de gauche radicale. Sa programmation est cette année particulièrement offensive avec Le Grand Bal Raï, qui a joué hier soir, mardi prochain une soirée anti-fasciste à micro ouvert où chacun vient déclamer poésie et slam, et le lendemain, une soirée des solidarités dont les bénéfices seront versés à une association d’accueil des migrants avec un focus sur la culture palestinienne et un concert de Zohud, artiste réfugié de Gaza.

En état de choc, ils ont eu à subir un déluge de commentaires les plus sordides, et se trouvent aujourd’hui au cœur d’enjeux bien décrits lors du débat LOKKO sur la liberté de création. Une petite structure comme celle qui porte le festival doit faire face aux questions de sécurité induites, au débat interne dans un collectif de 200 personnes aux sensibilités différentes, et à la flambée médiatique sans renoncer à un certain sens du partage et de la fête.
«C’est difficile de trouver le bon ton», confie à LOKKO Coline Pépé, coordinatrice et programmatrice.
Mais le mal est fait, les organisateurs envisagent déjà l’hypothèse d’un arrêt de cette activité dans un «climat local compliqué», les relations étant tendues avec la mairesse du village.