C’est le Cannes littéraire montpelliérain… Salomé Saqué (photo), Gisèle Pelicot, Laurent Mauvignier, Camille Etienne, Aurélie Valognes, Nathacha Appanah, Fabrice Arfi, Javier Cercas, Leonardo Paduro, Lisa Ridzen, Jón Kalman Stefánsson, Marie-Hélène Lafon, Lydie Salvayre, Elias Sanbar, Élie Barnavi, Céline Minard, Ray Nailer : les « stars » ne manquent pas lors de cette 4Oème Comédie du livre. Nos coups de cœur pour cette édition de prestige.

PLUMES DE PRESSE
Fabrice Arfi (Médiapart, photo), Annick Cojean (Le Monde) ou Julie Brafman, prix Albert Londres 2025 participent à Plumes de presse, un salon dans le salon, passionnant et imposant, qui «explore les liens entre journalisme, enquête et littérature du réel», organisé par l’Université de Montpellier Paul-Valéry et le laboratoire RIRRA21, sous la direction de Marie-Eve Thérenty, enseignante-chercheuse spécialisée en littérature et médias. Du 20 au 22 mai, site universitaire Saint-Charles, Montpellier.
CARTE BLANCHE A SALOMÉ SAQUÉ
Le féminisme est généreusement incarné à la Comédie du Livre depuis plusieurs années. On y a vu les penseuses et consciences qui comptent. Cette année, la journaliste Salomé Saqué, qui a vendu 600 000 exemplaires de son manifeste contre l’extrême-droite Résister a invité notamment l’écologiste-phare de sa génération, Camille Etienne. Le 23 mai à 17h30 au Peyrou.
AHMET ALTAN, SORTIE DE PRISON
Auteur célébré en France, notamment pour son magnifique Madame Hayat (Actes Sud, prix Femina étranger 2021), Ahmet Altan vient tout juste, après cinq ans de prison et quatre années d’assignation à résidence, d’être à nouveau autorisé à voyager. Ce grand opposant au régime d’Erdogan vient pour la première fois à la Comédie du livre, à l’occasion de la parution de Boléro (Actes Sud), un huis clos amoureux dans une Turquie en faillite morale. Le 19 mai à 20h, Opéra-Comédie, salle Molière.

GISÈLE PÉLICOT EN STAR
On ne la présente plus. Même si certaines féministes ont été gênées par le titre de son best-seller Et la joie de vivre (Flammarion), écrit avec la journaliste Judith Perrignon, où elle se réapproprie son histoire, sans dolorisme, il sera difficile de trouver une place au centre Rabelais pour le rendez-vous avec Gisèle Pelicot de retour d’une impressionnante tournée mondiale. Le 20 mai à 18h30, centre Rabelais.
MAUVIGNIER, LE GRAND ROMANCIER FAMILIAL
La maison vide de Laurent Mauvignier, prix Goncourt 2025 a marqué les esprits. Une vieille maison restée fermée pendant des années est le cadre d’une reconstitution magistrale d’une mémoire familiale sur plusieurs générations. Eblouissante recomposition des récits familiaux où s’invite l’imaginaire. Les femmes y occupent une place centrale, souvent victimes de normes qui brisent leurs ambitions. Le 20 mai à 20h, Opéra-Comédie, salle Molière.

STEFANSSON, L’ISLANDAIS PRÉFÉRÉ DES FRANÇAIS
Jón Kalman Stefánsson (photo), l’auteur islandais préféré du public français, présente son nouveau roman, Corps célestes à la lisière du monde, une plongée dans le XVIIème siècle islandais et en particulier sur la tuerie, en 1615, des chasseurs de baleine du Pays-Basque espagnol par des habitants du nord-ouest de l’île. L’auteur fait partie des auteurs étrangers de Grasset qui ont annoncé leur départ en réaction au limogeage de l’ancien PDG Olivier Nora par Bolloré. Son roman est publié par les éditions Bourgois, qui fêtent leur 60ème anniversaire à la Comédie du Livre. Le 21 mai à 18h, librairie Sauramps.

LAURA VASQUEZ, POÉTESSE A LA CASQUETTE
«Les heures étaient longues dans mon enfance mais je ne me suis pas tuée». Prix Goncourt de la poésie 2023, la marseillaise (née à Perpignan) s’est imposée au plus haut niveau de la poésie française avec une langue puissante entre sophistication classique et slam. Dans son deuxième roman, Les forces (éditions du Sous-sol), une jeune fille quitte le domicile familial pour un bar lesbien et un univers hallucinatoire. Un grand roman initiatique où Laura Vasquez déplore la mort de la langue, bourrée de «mots prêts à l’emploi». Le 21 mai à 20h, Maison des choeurs.
BALADE PARFUMÉE
Une déambulation montpelliéraine sensible avec deux envoûtantes autrices, du Jardin des plantes au Jardin de la Reine : Valentine Goby, qui évoque l’univers des parfums dans son dernier roman (Le palmier, Actes-Sud), et Ryoko Sekiguchi, écrivaine franco-japonaise, qui vient de publier Venise, millefleurs (POL). Le 22 mai à 10h30, Jardin des plantes (inscription sur place).
DÉTENUS EN MOTS
En résidence de création littéraire à Montpellier, Guillaume Aubin restitue le travail de ses ateliers d’écriture avec des détenus de la SAS (Structure d’accompagnement à la sortie). Le 22 mai à 14h, Hôtel d’Aurès.

LA POPULAIRE AURÉLIE VALOGNES
C’est l’une des autrices les plus lues en France, avec plus de 5 millions de livres vendus, traduits dans plus de quinze langues, notamment son Mémé dans les orties, et désormais propriétaire, dans le Finistère, de l’ancienne maison de Jane Birkin transformée en résidence d’écriture. Aurélie Valognes publie son douzième roman, L’émerveillement, un roman intime enforme de dialogue entre une mère et une fille sur la nature à préserver. Le 22 mai à 14h au Peyrou.
LES HURLEVENTS DE GALEA ET SALVAYRE
Une grande écrivaine de théâtre et une grande romancière : Claudine Galea et Lydie Salvayre dialoguent autour des Hauts de Hurlevents d’Emily Bronté qui a inspiré l’une (Hurlevent Carcasse/L’Arche) et fasciné l’autre. Le 22 mai à 15h au Peyrou.
LA LITTÉRATURE HISPANOPHONE
Ecrivain espagnol majeur, connu pour le monumental Les Soldats de Salamine, sur la guerre civile espagnole, Javier Cercas s’est immergé au Vatican pour écrire Le fou de Dieu au bout du monde (Actes-Sud). De son côté, Leonardo Paduro, star de la littérature latino-américaine, vient de publier Aller à La Havane (Métailié), portrait passionné et désenchanté de la ville qu’il n’a jamais quittée. Le dialogue entre ces deux monuments de la littérature hispanophone promet d’être passionnant. Le 22 mai à 18h au Peyrou.
NATHACHA APPANAH, AU CŒUR DES VIOLENCES CONJUGALES
Avec La Nuit au cœur, prix femina 2025, l’écrivaine et journaliste mauricienne Nathacha Appanah a écrit un livre très fort sur les traces de trois femmes, victimes de leurs maris, d’une barbarie masculine dont elle fut elle-même l’objet. Le 23 mai à 10h30 au Peyrou.

LISA RIDZEN, LE PHÉNOMÈNE SUÉDOIS
Après avoir triomphé en Suède, son livre Les Grues volent vers le sud part à la conquête de l’Europe. Sociologue, Lisa Ridzén (photo), inspirée par l’histoire de son grand-père, raconte la fin de vie d’un octogénaire qui attend sereinement la mort, épaulé par son fidèle chien et les aides à domicile qui lui rendent visite. Bizarrement, aucun éditeur français ne s’est positionné pour ce texte, publié par la maison d’édition québécoise La Peuplade, à l’honneur cette année. Le 23 mai à 11h, Maison des chœurs.
LES LECTURES ÉLECTRIQUES DE LAURIE BELLANCA
Cette artiste montpelliéraine avait épaté l’an dernier avec ses «performances sous casque de littérature lue à haute voix». Laurie Bellanca revient le 23 mai, salle Dugès, à la faculté de médecine. Elle présente aussi, un tout aussi épatant théâtre sonore, vu à La Vignette, La Fabrique des yeux secs, le 24 mai à 17h dans l’amphi de la Faculté de médecine. Enfin, une performance littéraire, musicale et visuelle à la croisée de l’arabe, du grec et du français, le 22 mai à 20h au MOCO/Panacée.

LA SENSATION ÉLÉA MARINI
Venue du cinéma, la scripte montpelliéraine Eléa Marini (photo) a publié, chez L’Olivier, un premier roman sur la tragédie climatique étonnant de maîtrise, Le ciel l’a mauvaise, qui réunit trois destins, Alma, une jeune femme déracinée, Bo, un gamin insolent qui cherche sa mère, Isaac, un solitaire taciturne, reclus dans les bois. Le 23 mai à 14h30 au Peyrou.
L’IMAGINAIRE EN FORCE
Une section devenue florissante depuis le déplacement du Grand Prix de l’imaginaire de Saint-Malo à Montpellier, représentée dans cette rencontre par ses écrivains parmi les plus importants, la française Céline Minard et l’américain Ray Nailer. Le 22 mai à 18h au Peyrou.
LITTTÉRATURE ET TOTALITARISME
A quoi sert la littérature si elle n’a pas pu empêcher l’invasion de l’Ukraine par la Russie ? Un des grands rendez-vous intellectuels de la Comédie du livre avec André Markowicz, grand traducteur de Gogol, Tchekhov, et Dostoïevsky. L’éminent intellectuel français dialoguera avec le dissident russe Mikhaïl Chichkine. Le 23 mai à 15h au Peyrou.
DES ÉCRIVAINS AU MUSÉE FABRE
Dans le cadre de la Nuit européenne des musées, les écrivain.es en Jakuta Alikavazovic, Paul Audi, Thomas Clerc, Hélène Couturier, Marie-Hélène Lafon et Lydie Salvayre liront chacun.e un texte à partir d’une œuvre des collections du musée Fabre. Le 23 mai à 19h, musée Fabre.
MARIE-HÉLÈNE LAFON FAIT SON CINÉMA
On le sait peu mais le comédien Eric Caravaca est aussi réalisateur. Il dialogue avec la romancière de la ruralité, la grande Marie-Hélène Lafon, sur Carré 35, un documentaire intimiste sur le décès de sa petite sœur. Les deux se connaissent : Eric Caravaca a joué dans l’adaptation au cinéma de L’annonce de Marie-Hélène Lafon. Le 24 mai à 11h, centre Rabelais.

VICTOR MALZAC, LE SURDOUÉ
D’origine montpelliéraine, Victor Malzac, «surdoué de l’écriture» selon Le Monde, lit deux de ses textes : Le Monstre mur (Les corps conducteurs) où une voix s’adresse à nous depuis la chambre où elle est enfermée, et Lessive (castrol Astral), où un enfant cherche à percer le mystère de son oncle disparu. Le 24 mai à 17h, Opéra-Comédie.
L’IRAN INTIME
L’Iran s’incarne à la Comédie du Livre par la voix de Fariba Hachtroudi, la fondatrice et Présidente de l’association Mohsen Hachtroudi, qui soutient financièrement les étudiant·es réprimé·es du mouvement Femme, Vie, Liberté. Guerre en Iran, journal de bord 2025-2026 (Chèvre-Feuille étoilée) raconte un séjour de Fariba Hachtroudi à Téhéran au moment même où est déclenchée la guerre-éclair des 12 jours entre Israël et Iran. Un journal sous les bombes. Le 24 mai à 11h, Hôtel de Lunas.
STANISLAS NORDEY POUR ESPACES 34
Célèbre acteur et metteur en scène, Stanislas Nordey a succédé à Sabine Chevallier à la tête des éditions théâtrales Espaces 34. On peut le rencontrer le 22 mai sur le stand des éditeurs régionaux.
UNE CLÔTURE POUR LA PAIX
Rencontre de deux consciences pour la clôture de la manifestation : Elias Sanbar, ambassadeur de la Palestine auprès de l’Unesco, et traducteur de l’œuvre de Mahmoud Darwich, et Élie Barnavi, professeur émérite d’histoire de l’Occident moderne à l’Université de Tel-Aviv, ancien ambassadeur d’Israël en France. Le 24 mai à 18h30, Opéra-Comédie.
Comédie du livre -10 Jours en mai, jusqu’au 24 mai.