Premier festival conçu par le quatuor désormais à la tête de l’Agora Cité internationale de la danse, Dominique Hervieu, Pierre Martinez, Hofesh Schechter et Jann Gallois. Une édition montée en un temps très court pour la nouvelle direction en place depuis septembre 2025, qui envoie des signaux déjà très clairs sur l’ouverture et la diversité et une certaine énergie. 14 créations et premières françaises, 28 spectacles, 59 représentations pour un festival de création c’est-à-dire qu’y sont montrés des spectacles pour la première fois. 11 compagnies internationales mais aussi une large place faite aux chorégraphes régionaux. Du 20 juin au 4 juillet 2026.
En photo : Radioactive Practice de l’américaine Abby Zbikowski.
Notre sélection.
OUVERTURE
Depuis combien d’années en parle-t-on de l’ouverture des lourdes portes de l’Agora ? Première nouveauté réjouissante de cette édition : un bar dans la cour de l’Agora, ouvert du 23 juin et 3 juillet de 17h à 1h du matin, pour les festivaliers ou non festivaliers.
40 ans de danse
En ouverture, Histoires de danse réunit deux soirs de suite, beaucoup de ceux qui ont compté pour le festival depuis 40 ans avec des extraits de pièces emblématiques. Soapéra de Mathilde Monnier ou 100% Polyester de Christian Rizzo, avec un hommage à Dominique Bagouet, le père-fondateur, à travers un extrait de Jours étranges interprétée par les élèves de la Cité des Arts, Le Saut de l’Ange et Dix Anges, réinventés par une partie des interprètes d’origine. S’ajoutent les deux nouveaux venus de la famille : Hofesh Shechter et Jann Gallois. Ainsi que la musique de Babx et Benjamin Chaval. Les 20 juin et 21 juin à 19h à l’Agora, Cité Internationale de la Danse. De 21 à 30€.
«Dans ce projet original, il y a aussi une dimension politique, dans une période qui demande de la réconciliation, qui demande de rapprocher les gens. Aujourd’hui, une maison comme l’Agora ne peut pas être au service d’une chapelle ou au service d’une esthétique. Elle ne peut être qu’au service d’une histoire. Il s’agit de rassembler à la fois les artistes, le public et le territoire» / Pierre Martinez.
En corps

Le même jour, Dimitri Chamblas présente Ulysse Marion. Dimitri Chamblas, l’un des plus américains des chorégraphes français, résidant à Los Angeles, dont on a vu le mythique A bras le corps avec Boris Charmatz, duo d’hommes danseurs marquant, en 2023. Ici, une création mondiale, Ulysse Marion, construite pour deux interprètes, Ulysse Zangs et Marion Barbeau, la danseuse blessée de En corps, le film de Cédric Klapisch. Les 20 et 22 juin à 22h dans la cour Montanari de l’Agora. De 21€ à 30€.
LES REGIONAUX
«Nous portons une attention particulière aux chorégraphes locaux comme François Lamargot et Zoé Lakhnati. C’est une des missions de l’Agora. Nous avons toute confiance dans leur force créatrice et nous serons là à leurs côtés. En 2027, ils seront beaucoup plus nombreux» / Dominique Hervieu.
Sur les 34 compagnies invitées, 15 compagnies sont régionales, 9 compagnies sont nationales et 11 compagnies internationales, selon un décompte local qui intègre le très mondial Hofesh Schechter qui fait désormais la navette entre son domicile londonien et Montpellier.
Les bugs de Zoé Lakhnati

Connue comme danseuse de Mette Ingvartsen et de Mathilde Monnier, vue dans le Maldone qui a fait connaître Leïla Ka, la sétoise propose un solo This is la mort (2024) en extérieur. Une écriture générationnelle percutante, qui revendique l’usage du «glitch» (l’erreur, l’imprévu) comme «moyen d’expression chorégraphique». Les 21, 22 et 23 juin à 16h, Hôtel de Grave, Montpellier. De 14 à 20€.
Les larmes d’Aurélien Bory

Directeur du Théâtre Garonne à Toulouse, Aurélien Bory, qui a travaillé l’acoustique architecturale dans une première vie, est une signature particulière dans le paysage chorégraphique français. Sept larmes pour Elisabeth, l’oeuvre du 17ème siècle présentée en création mondiale, est une pavane, « une marche à deux » pour le guitariste Thibaut Garcia et l’interprète Aure Wachter. Les 3 et 4 juillet à 20h au Domaine d’O. de 25 à 35€.
Les maîtres des lieux

Très présente dans ce festival, Jann Gallois, co-directrice de l’Agora, présente Imminentes, déjà un succès critique et public : une magnifique pièce de sororité pour 6 danseurs qui veut rappeler «notre essence divine», celle que nous avons injustement oubliée, notre douce puissance». Les 25 et 26 juin au théâtre de l’Agora. De 25 à 35€.
Jann Gallois présente aussi 𝘐𝘯 𝘚𝘪𝘵𝘶 sa première pièce pour l’espace public. Quatre interprètes explorent avec humour, ingéniosité et mouvement les rapports au groupe et à la cité. Le 1er juillet à 11h, place Max Rouquette et à 19h, Kiosque Bosc (gratuit). Conférence de presse, accessible au public, animée par Valérie Hernandez, le 24 juillet à 11h dans les jardins de l’Agora.

C’est avec Shechter II, le ballet junior désormais fixé à Montpellier qu’Hofesh Schechter présente avec In the Brain, une pièce frénétique entre rave et rituel, avec huit danseurs entre 18 et 25 ans, sélectionnés avec une exigence redoutable, qui a joué à guichets fermés au Théâtre des Abbesses à Paris, en avril. Le 24 juin au Domaine d’O à 22h. De 25 à 35€.
LES NATIONAUX
Le fidèle Emanuel Gat

Treizième participation du chorégraphe franco-israélien à Montpellier Danse. Fidèle parmi les fidèles de l’ancien directeur Jean-Paul Montanari, basé à Marseille, il présente en création mondiale Cinq Jours au soleil, inspiré de la Symphonie n°5 de Mahler. Un rendez-vous avec l’élégance. Les 21 juin à 17h et 22 juin à 20h à l’Opéra Berlioz. De 10 à 50€.
Les acrobaties de XY

Changement de décor après la Zat de la Mosson, le collectif XY danse à l’Opéra-Berlioz avec une vingtaine d’artistes sur scène, l’une des plus grandes formes du festival. Le Pas du monde est une tentative de figuration par les corps acrobates des éléments de la nature. Les 24 et 25 juin à 20h, Opéra Berlioz. De 10 à 50€.
Eric Minh Cuong, la danse sans vue

Vision d’Éric Minh Cuong Castaing, artiste associé à l’Agora, réunit quatre interprètes malvoyants, entre danse et théâtre documentaire. Totale confiance sur un projet porté par un chorégraphe qui a une approche fine du handicap. Les 25 et 26 juin à 17h et 20h au CDN des 13 Vents. De 18 à 25€.
L’événement La Horde

A ne pas manquer et pour la première fois à Montpellier : la Horde, collectif marseillais initié par de Marine Bruttti, Jonathan Debrouwer et Arthur Harel, à la direction du Ballet national de Marseille depuis 2019, qui était sur scène avec la diva Rosalia, entre autres collaborations prestigieuses (Madonna aussi). A Montpellier, on verra Après moi le déluge en création mondiale. Un spectacle peuplé de chimères, conçu en collaboration avec le grand écrivain Alain Damasio. Les 30 juin et 1er juillet, Opéra Berlioz. De 10 à 50€. Rencontre avec Alain Damasio animée par Valérie Hernandez, le 1er juillet à 15h, salle Béjart à l’Agora.
« Nous souhaitons que tout le monde se sente concerné par la danse, car elle devient de plus en plus un art démocratique. La danse est de plus en plus engagée dans une physicalité du corps sur scène. Nous avons besoin de cet engagement physique sur le plateau, et le public a besoin, lui aussi, de cette générosité. Le festival reflète cette diversité : il y a des niches, des moments plus conceptuels et des formes plus grand public, qui ne sont pas de moindre qualité mais tout aussi exigeantes que les autres. Nous nous adressons véritablement à toutes les sensibilités » / Jann Gallois
LES INTERNATIONAUX
Trois artistes importantes à Montpellier pour la première fois.
La sensation Abby Zbikowski
Chorégraphe et professeure à l’Université de l’Illinois, représentante hypervitaminée de la nouvelle «American Black Dance» selon le magazine, Danser Canal historique, Abby Zbikowski propose Radioactive Practice, citée parmi les œuvres marquantes de 2022 par le New-York-Times (photo à la Une) Les 27 juin à 22h, 28 juin et 29 juin à 20h, Domaine d’O. De 18 à 25€. Photo à la Une.
Chiara Bersani, le corps empêché

Cette danseuse et chorégraphe italienne, atteinte d’une forme d’ostéogenèse, travaille son corps comme espace artistique dans L’animale. Militante de l’inclusivité dans la danse, artiste associée à la Triennale Milano Teatro, elle se produit pour la première fois à Montpellier Danse. Les 2 et 3 juillet à 16h, Maison des chœurs. 15€.
La danse documentaire d’Olga de Soto

Une Introduction de l’espagnole Olga de Soto est consacrée à La table verte (1932), œuvre mythique du chorégraphe Kurt Jooss, l’une des plus politiques des œuvres chorégraphiques du 20ème siècle, créée quelques mois avant l’arrivée au pouvoir d’Hitler en Allemagne, avec à l’appui vidéos, images d’archives et entretiens. Les 28 à 11h et 29 juin à 18h, Agora. De 14 à 20€.
GRATUIT
La rave de Mazelfreten

Un grand moment populaire avec un extrait de Rave Lucid, pièce du collectif français formé du danseur électro Brandon Masele et de la danseuse hip hop Laura Defretin, qui ont collaboré avec Christine and the Queens, Stromae et Angèle, et surtout au casting de la cérémonie d’ouverte des JO 2024 à Paris. Le 3 juillet à 20h, place de l’Europe.
«Ce que l’on veut montrer, c’est que tout le monde peut danser. La danse est une expérience collective. Je repense aux cérémonies, il y a des milliers d’années, autour du feu ou dans les grottes. Je crois que la danse nous élève au-dessus de notre quotidien. C’est quelque chose qui se vit ensemble. L’essentiel, c’est le rassemblement et le partage» / Hofesh Shechter.
Les grandes leçons de danse

Bel héritage de Montanari : ouvertes à tous, sans distinction de niveau et d’âge, les Leçons de danse assurées par les chorégraphes invités du festival, se déploient du 22 juin au 4 juillet à 10h sur les places de Montpellier. En savoir +.
Montpellier Danse du 20 juin au 4 juillet 2026, ici.
Photos de haut en bas © Maria Baranova, Sandy Korzekwa, Aglae Bory, Pascale Cholette, Todd Mac Donal, Julia Gat, Chia Huang, Gaël.le-Astier-Perret, Rebecca Lena, Laura Ojeda, Blandine Soulage.