Le tunisien Anouar Brahem est l’un des musiciens qui ont le plus contribué à faire connaître l’oud au-delà du monde arabe. On retrouve dans son dernier disque, chez le prestigieux label ECM, cette signature contemplative et dépouillée d’un oud réinventé en majesté que le musicien fait voyager dans d’autres répertoires. Il est en concert le 11 septembre au festival Arabesques.
Ce n’est pas la première fois que le célèbre musicien tunisien de bientôt 69 ans est l’hôte d’Arabesques. La première fois que l’on a vu cet as de l’oud, cet instrument de corps arrondi en forme de poire surmonté d’un manche court qu’on désigne en Europe par le terme de luth, c’était il y a 16 ans, en 2010.

Très luth de classe
D’une fidélité imperturbable au célébrissime label munichois ECM, label star du jazz depuis la sortie du bestseller Köln concert du pianiste Keith Jarrett, il y a publié l’an dernier son treizième album d’une incroyable et troublante beauté. Avec une recherche de dépouillement et de silence qui rappelle parfois la musique classique contemporaine.
C’est à une variante près avec les trois mêmes musiciens que le quartet international se produira le vendredi 11 septembre prochain, c’est à dire la violoncelliste allemande Anja Lechner (plutôt d’obédience classique ou contemporaine), le britannique Django Bates au piano mais Mats Eilerstsen le norvégien remplace l’immense contrebassiste anglais Dave Holland, présent déjà sur deux albums précédents d’Anour Brahem. Ce sont souvent des musiciens dits de jazz qui secondent la musique «brahémienne», label oblige. AB signant l’immense majorité des 11 titres de ce dernier album particulièrement bien accueilli dans la presse internationale comme album marquant de 2025.
La Palestine au coeur
Un moment que le tunisien a la Palestine au cœur. « Lorsque nous avons débuté l’enregistrement de After the last sky, nous étions en pleine tragédie à Gaza. C’était même extrêmement présent dans mon esprit. Surtout après avoir lu les récits de Adam Shatz, rédacteur en chef pour les USA de la London Review of Books » raconte-t-il. Adam Shat a d’ailleurs été invité à écrire un texte de 10 pages pour le livret.
Un album précédent de 2009 s’intitulait : The Astounding Eyes of Rita, directement inspiré d’un poème de l’immense Mahmoud Darwich (1941-2008). Tout comme son disque précédent Blue Maquams sorti en 2017. Le titre du dernier disque en date est inspiré, lui aussi, d’un vers du poète palestinien : «Where should the birds fly, after the last sky?»
A l’amphi d’O dans le cadre d‘Arabesques, le 11 septembre à 21h30.