Cutter : le rappeur pop qui « merde en beauté »

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Tombé dans la marmite du rap quand il était petit, Cutter s’est créé en quelques années un univers musical bien à lui. Il présente ce mois-ci le clip de « Disparition », un morceau de son nouvel album solo intitulé « Merder en beauté », « un album de pop fait par un rappeur » selon ses termes, qui sortira le 4 juin 2021.

 

 

Un matin de mai, il me rejoint dans les jardins du Peyrou. Tout habillé de noir, la voix grave, il fait tourner une tasse de café entre ses doigts, le sourire au coin des lèvres, et moi, je découvre Cutter, cet artiste aux multiples facettes.

«Avant, quand je chantais, ça tenait plus du délire freestyle»

Cutter est né dans le Sud de la France. Jeune garçon timide (il l’est encore, mais le cache mieux), il était de ceux qui s’assoient au fond de la salle de classe, se rêvant à un destin de scénariste de cinéma. Plus tard, passionné de rap, il s’essaie à la composition, et commence à mixer, arranger et chanter « de manière très secrète, personnelle » en compagnie de quelques amis également gagnés par le virus de la musique. En 2010, ce petit groupe se voit offrir l’opportunité de se produire sur scène. Ils ont un mois pour composer dix morceaux, une heure de spectacle. Le défi est relevé, et Cutter décide de se consacrer à la scène : « avant, quand je chantais, ça tenait plus du délire freestyle en soirée. Mais cette première fois sur scène, c’est la révélation divine ».

Depuis, les morceaux, les albums et les collaborations s’enchaînent. Il fait partie du groupe de rap « Frêres de chaussures », et a créé, avec le multi-instrumentiste Dominique Gazaix, le duo rap-rock « Tel Quel » en 2015. Il est également membre du label associatif nîmois « Bouton Rouge » qui a vu le jour suite à la sortie de son album « Mesdames & Messieurs ».

À plusieurs reprises, Cutter foule les planches des salles de concerts, que ce soit pour les siens, ou pour faire les premières parties d’artistes comme Hippocampe Fou, Davodka, Oxmo Puccino, Casey ou encore Dooz Kawa.

« Mon truc, c’est tu fais, tu sors »

Cutter, pourquoi ce pseudo ? « Il évoque un mec un peu rasoir : c’est l’impression que je peux donner lors d’une première rencontre ». Comprendre aussi : une vérité qui peut être dérangeante, une énergie naturelle, une urgence de trancher dans le vif, de sortir la vérité. « Mon truc, c’est tu fais, tu sors », et c’est à cause de ce crédo que les morceaux sont nombreux et le style si indéfinissable. Cutter travaille à l’instinct. S’il peut écrire ses textes longtemps avant l’enregistrement, il lui arrive d’improviser : « Je lance l’instru, je marmonne pour moi-même jusqu’à avoir un morceau ».

Ses thèmes de prédilection sont l’amour et les relations amoureuses, mais les sujets varient et ne se ressemblent pas. Cutter aime aller où on ne l’attend pas. Un exemple parmi d’autres : cet album créé en hommage au cinéma d’horreur dont chaque morceau fait référence à un film-phare du genre.
Disons qu’il cherche avant tout ce qui peut donner lieu à des nouveautés intéressantes. Il se remémore la fois où il a enregistré tout un album (« Les portes du temps ») avec un micro cassé. Repoussant toujours un peu plus le moment de le réparer, il a fini par s’attacher à l’effet rendu par le matériel défectueux et a conservé l’enregistrement original des dix titres.

« Je me sens étranger dans une musique que je connais par cœur »

Ce goût de l’aventure, et cette recherche de la nouveauté, peut déstabiliser ses fans de la première heure. Si dans les premiers temps Cutter a été suivi par des adeptes du rap, ses divagations musicales vers d’autres horizons créatifs lui ont permis d’aller à la rencontre d’un nouveau public. « Pas assez rap pour la scène rap classique », le musicien explique qu’il lui arrive de se sentir étranger dans une musique qu’il connaît par cœur. Il se revendique rappeur tout en exprimant son désir de s’éloigner de ce qui a déjà été fait. Là, il prend le large en privilégiant des sonorités pop dans son dernier album et opère une synthèse entre ses « maîtres à penser », pénétré entre autres de la folie d’Eminem, de la nonchalance de Lil Wayne, du timbre grave de Grand Corps Malade et de la prose de Furax.

« Un album de pop, fait par un rappeur »

Lors d’une rencontre professionnelle en SMAC (Scène des musiques actuelles), Cutter rencontre l’artiste BeLOey. Il se souvient : « quelques jours après, BeLOey m’a envoyé une vingtaine d’instrus et m’a proposé une collaboration ». Qui porte ses fruits : le 4 juin 2021, grâce au label associatif nîmois Bouton Rouge, les dix titres de « Merder en beauté » seront disponibles sur les plateformes : « c’est un album de pop, fait par un rappeur ». Liaison entre le rap, la pop et la poésie, « Merder en beauté » est un message de douceur et d’espoir face à l’erreur et aux douleurs humaines.

Une fois cet album sorti, Cutter a l’intention de se donner le temps. Celui de réaliser de nouveaux clips afin de développer l’univers visuel des morceaux, de porter cet album, de le faire découvrir par le public cet été et d’imaginer la suite.

En attendant la sortie de son album « Merder en beauté », Cutter a mis en ligne sur sa chaîne Youtube, le clip vidéo de son titre « Disparition ». Ce morceau, il l’a composé alors qu’il traversait une douloureuse rupture amoureuse. Entre nostalgie et décrochage de l’être aimé :  « des désirs contradictoires et confus m’ont inspiré des jeux de mots autour du thème de la disparition ».

Réalisé par Otus Productions, le clip se déroule dans le quartier de l’écusson. Le rappeur, déguisé en étrange scarabée humanoïde, déambule dans les rues de Montpellier, activement recherché par un petit garçon (interprété par Marvin Ahivi).

Dans le clip vidéo, la ville héraultaise devient un labyrinthe dans lequel l’homme-scarabée est confronté aux regards des passants. Un univers résolument éloigné de « ces images de filles en maillots de bain et ces mecs aux grosses lunettes de soleil ». Avec « Merder en beauté », Cutter avance ses pions vers l’inconnu, élargissant la focale d’un univers déjà si personnel et indéfinissable : un monde de rap, de poésie explicite, de sonorités pop, d’emmerdes et surtout d’amour.

Composé exclusivement par BelOey, l’album sera disponible sur toutes les plateformes dès le 4 juin 2021. En attendant, vous pouvez d’ores et déjà vous immerger dans le monde fantasmagorique de Cutter en découvrant le clip de « Disparition » sur sa chaîne Youtube.

 

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