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La classe tranquille de Souad Massi à Arabesques

C’est une icone qui s’est produite au festival Arabesques au lendemain de la mort du président Bouteflika qu’elle a combattu. Un amphi d’O amoureux et plein à craquer pour Souad Massi, la célèbre chanteuse kabyle.

Photos Luc Jennepin

Révélée à Paris, en 1999 au festival “Femmes d’Alger” au Cabaret Sauvage, Souad Massi est, depuis 20 ans, une figure des musiques du monde. La chanteuse engagée qui vit à Paris, a soutenu le mouvement révolutionnaire du Hirak et fêté la démission du président algérien Abdelaziz Bouteflika par un concert au Palace, le 3 avril 2019. Mais pas un mot, sur la disparition, la veille du concert montpelliérain, du honni Bouteflika.

Qu’elle décrit dans le titre “Fi Bali” comme “un ex-président déconfit” , “dans une oligarchie qui dirige le pays dans l’ombre, un pays qui ressemble à un bateau qui va couler, parce que depuis l’indépendance en 1962, aucun dirigeant n’a voulu préserver les trésors de l’Algérie, ses forces, son passé, ses montagnes, ses forêts, son désert, ses cultures multiples. Depuis cinquante- sept ans, rien n’a été construit. C’est comme si l’histoire du pays avait commencé à l’indépendance, ce qui est évidemment faux“.

A t-on entendu ce titre ou encore le magnifique “Mon plus bel amour” [“Je t’aime comme la plante qui sort de la roche“), mise en musique d’un texte du poète palestinien Mahmoud Darwich qui figurent sur le grand disque de son retour “Oumniya” ? Difficile de l’affirmer. Seul un morceau (une vieille chanson de Marie-Paule Belle sur l’immigration, en français) et un autre dédié à la casbah d’Alger font l’objet d’une explication. Tout le répertoire se déroule sans commentaire particulier, la plupart du temps en dialecte algérois, nous dit-on. Quelque chose de fait échappe un peu.

Malgré un amphi d’O quasi complet, la popularité de Souad Massi n’est en rien comparable à Idir, la star kabyle : le public se manifestera franchement pour une seule reprise en chœur du très connu “Ghir Enta” [“Je n’aime que toi”].

Quand elle se lève de sa chaise, durant quelques minutes, en jean et veste de velours rouge, l’ancienne ingénieure urbaniste arpente la scène avec une tranquillité confondante. La plupart du temps, Souad Massi reste sur sa chaise, guitare en bandoulière, y compris pour les moments de liesse que guette un public très respectueux mais qui n’attend qu’un signe pour se lever et danser. Chauffé à blanc par un groupe venu de Gaza : Sol Band, en première partie.

Musicalement, Souad Massi c’est d’une beauté mélodique incroyable. La “Tracy Chapman du Maghreb” mélange intensément les genres : un zeste de folk, de chaâbi avec un violon arabo-andalou omniprésent à côté de la derbouka et un grain de fado.

Nostalgie : “Je m’inspire toujours de ce que j’ai gardé en moi, de mon vécu. Mais avec le phénomène de l’exil, j’ai beaucoup écrit sur la nostalgie” .

Simplicité, élégance, splendeur musicale captivent un public qui restera jusqu’à la fin malgré la pluie !

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