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Don’t look up : l’irrésistible comédie noire sur la fin du monde

Une comédie noire sur Netflix sur la fin du monde que le monde refuse de voir ? Un défilé d’acteurs et d’actrices bankables face à une comète tueuse de planète et à la négation des faits scientifiques ? Dans son canapé, Lionel Navarro a ri de ces malheurs évitables que l’on refuse d’éviter.

Je suis un éco-angoissé, climato-non sceptique, soucieux des faits vérifiés, de l’inexact, de l’exact. L’antiscience, l’égoïsme replet d’opinions fondées sur des croyances New Age, des options politiques, des vidéos en ligne, des trucs non prouvables, les ceusses qui gueulent « Libertay ! », les ceusses niant et déniant, etc. me rendent blêmes. C’est pourquoi j’ai passé 2 heures et 25 minutes excellentes devant Don’t look up : déni cosmique, co-écrit et réalisé par Adam McKay.

McKay sait ce que c’est que le mensonge, la manipulation : il a réalisé un biofilm sur Dick Cheney, ancien vice-Président du Pays-Que-Nous-Connaissons-Toustes. Il bossait avec George W. Bush. Pour Don’t look up, McKay a embauché Leonardo DiCaprio qui n’a plus rien à voir avec le minet qui se gèle les doigts dans l’eau glacée du film Titanic.

La comédie est noire. On est bien.

Don’t look up est une comédie satirique sous-titrée : based on truly possible events. Outre le néo-daddy Leonardo, une ribambelle de noms sexy y apparaît : Meryl Streep, Cate Blanchett, le à-jamais-minet Timothée Chalamet, Jennifer Lawrence, Ron bad ass Perlman, etc. La comédie est noire. On est bien.

Etudiante en astronomie même pas encore doctorante, Kate Dibiasky découvre une comète tueuse de planète. D’ici moins de 7 mois, comme le chante Jim Morrisson : « This is the end, my only friend, the end » ou cet autre poète de la chanson, française celle-là : « Voilà, c’est fini  On a tant ressassé les mêmes théories / On a tellement tiré chacun de notre côté / Que voilà c’est fini »…

Sauvetage planétaire techno-humaniste

La révélation ne fait pas réagir : #lesgens ont d’autres préoccupations et projets, après tout. La Présidente des USA ne voit que les élections du mid-term. Il y a plus puissant qu’elle : la 3e plus grosse fortune de tous les temps qui finança sa campagne électorale est un mélange d’Elon Musk, de Richard Branson, de Jeff Bezos. L’homme, qui déteste les réalités et les émotions humaines comme Steve Jobs, ressemble à son successeur, Tim Cook. Ça doit vouloir dire quelque chose. Les milliardaires et les GAFAM visionnaires sont dans la place !

Sous le couvert de discours techno-humanistes et de sauvetage planétaire, l’égoïsme intéressé et tout-puissant règne. Et tant pis pour les pauvres et les pas sexy : la fin du monde vous le montrera, chers amis et chères amies, pour l’immense majorité d’entre nous, le pronostic vital n’est pas bon.

Que veut nous dire Leonardo ?

C’est amusant ou pas : dans la vraie vie, celle où il ne fait pas la pub de voitures italiennes « propres », DiCaprio est un éco-activiste. Dans le film, Leornardo joue le rôle d’un obscur scientifique, comme il y en a tant. Il se fera prendre dans les rets de la société du spectacle, de la fétichisation des images et de leur marchandisation : devenir populaire dans les médias et sur les réseaux sociaux, être impopulaire dans une société de la sensibilité où tant de gens se ressemblent, s’imitent et peuvent se remplacer les uns les autres, s’ignorent et pensent platement comme presque tous les autres sur des sujets sociétaux rassembleurs et consensuels. Céder à la séduction de la starification de soi est l’autre catastrophe film. Il n’y a pas que les comètes qui peuvent être tueuses !

Le Professeur Randall et Kate Dibiasky, son étudiante, les scientifiques qui savent ne seront jamais publiquement écoutés jusqu’à ce que, de leurs propres yeux, les humains voient la comète dans le ciel. Que veut nous dire Leonardo ? Que tout est plié ? J’ai souvent entendu dire que le réel est un coup de poing dans la figure.

Voilà un film Netflix dont tout le monde parle aujourd’hui présentant un scénario de destruction de toute vie dont tout le monde se fiche jusqu’à ce qu’il soit trop tard pour agir et réagir. L’acteur ne nous dit-il pas que tout est foutu, là, maintenant ? Qu’il a fait ce qu’il a pu, depuis des années, pour nous alerter, avec d’autres très nombreux, sur le changement climatique et ses conséquences ? Puisqu’on vous dit que le processus du désastre est logique, c’est-à-dire inévitable.

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