Culture à Montpellier :
l’alternance est en cours

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Plusieurs personnalités de la culture montpelliéraine font leurs bagages à la suite de l’élection de Michaël Delafosse. Même si le nouveau maire privilégie une réflexion de fond, sans tapage, quelques cadres de l’ancien mandat vont laisser leur place. Revue des départs et des maintiens.

Illustration ci-dessus publiée dans « Le Journal des arts »

 

 

« Ne pas entrer par les dossiers, les prendre par le haut en portant un projet culturel global, relativiser les questions personnelles » : telle est la ligne de conduite de la nouvelle équipe municipale. On prolonge, on stabilise, on évite les querelles personnelles. Mais la règle subit des variations et chaque direction est un cas à part.

Nicolas Bourriaud, directeur du MoCo

L’annonce a circulé : celle d’un recrutement d’un nouveau directeur du MoCo, publiée le 23 novembre sur montpellier.fr Rien d’une bombe. L’actuel directeur à la tête de 3 entités -le nouveau centre d’art près de la gare, la Panacée dans l’écusson et l’école des Beaux-Arts- voit son contrat expirer au 31 mars 2021. Ce renouvellement statutaire est l’occasion légale -et commode- d’une alternance dont on voit mal comment elle peut avantager Nicolas Bourriaud, emblème du mandat de Philippe Saurel. Des déclarations publiques sur les réseaux sociaux, et dans la presse, de celui-ci et de Vincent Honoré, son numéro 2 ainsi qu’un conseil d’administration houleux en présence de Michaël Delafosse ont laissé des traces. L’interview dans LOKKO du Maire de Montpellier à ce sujet avait surpris et montré aussi l’ampleur du différend. Sans parler de cette caricature parue dans « Le Journal des arts » qui restera dans les annales : elle a particulièrement agacé à la mairie où l’on se défend d’une obsession pour le street-art. Le même journal qui confirme ce 1er décembre que Nicolas Bourriaud est candidat à sa succession.

Jean-François Carenco, président de l’OONM

Cette volonté de « stabilité » a conduit au maintien-surprise de Jean-François Carenco à la présidence de l’OONM : l’Orchestre et Opéra national de Montpellier. Nommé sous Philippe Saurel, et par ailleurs beau-frère de Pierre Serre de « La Gazette de Montpellier » avec laquelle Michaël Delafosse a longtemps entretenu des relations plus que glaciales, l’ancien Préfet, beaucoup moins présent que son prédécesseur Didier Deschamps, a été prolongé au moins pour un an par un Maire qui « souhaite prendre son temps » [malgré un déficit providentiellement comblé par le surplus d’argent non dépensé lié au Covid, essentiellement de la masse salariale économisée durant la pandémie).

Florence Bouchy, directrice de la Comédie du Livre

Même chose pour la directrice de la Comédie du Livre qui a succédé à Régis Penalva, aujourd’hui homme fort de la culture au cabinet du Maire dont elle a copié-collé la manifestation en y ajoutant une touche grand public, convenue mais bienvenue. Un an mais sans doute pas plus pour cette critique littéraire parisienne qui pourrait assurer l’édition 2021 mais dont les émoluments décidés lors de la précédente mandature font beaucoup tousser.

Jean-Louis Sautreau, directeur de la culture

Un recrutement va être mis en place pour remplacer Jean-Louis Sautreau qui était, depuis 2015, le directeur de la culture de la Ville de Montpellier autant que de la Métropole de Montpellier Méditerranée, à la faveur de la mutualisation engagée ces dernières années. Chargé de mission et inspecteur au sein du ministère de la Culture pendant 20 ans, puis directeur de la culture de la Ville de Toulouse, Jean-Louis Sautreau, qui ne cachait pas son inadaptation au micro-climat montpelliérain, était en quête d’autres horizons.

Gilles Gudin de Vallerin, directeurs des médiathèques

Directeur du réseau montpelliérain des médiathèques depuis 1992, élargi à la métropole, Gilles Gudin de Vallerin a demandé à l’état de mettre fin à son détachement contractuel en tant que conservateur général des bibliothèques, auprès de la métropole, et à être réintégré. Il est parti sans crier gare dans un contexte de vives tensions avec une partie de son personnel, la DRH des médiathèques ayant engagé une action en justice pour harcèlement. On se souvient de sa relation conflictuelle avec Régis Penalva, alors directeur de la Comédie du Livre dont il était le supérieur hiérarchique.

Valérie Daveneau, directrice du Domaine d’O

Un sujet sensible. « Une folie clanique », selon le mot d’un bon connaisseur du dossier, s’était emparée ces dernières années de cet établissement gestionnaire du magnifique domaine d’O. Un dossier que Michaël Delafosse suit de près. Beaucoup de souffrance, des accusations de harcèlement : c’est une structure à la dérive, aujourd’hui relativement apaisée, qui va être reprise en main. La nomination de l’ancien directeur du Centre dramatique national de Montpellier, Jean-Claude Fall à la présidence de l’EPIC du Domaine d’O donne un indice de l’importance qu’aura le théâtre dans un nouveau et ambitieux projet qui se fera sans la directrice actuelle Valérie Daveneau.

Jean-Paul Montanari, directeur de Montpellier Danse

A 73 ans, Jean-Paul Montanari a fêté -en pointillé à cause du Covid- les 40 ans de son festival, Montpellier Danse. Serpent de mer de la culture montpelliéraine, sa succession n’est tout simplement pas d’actualité pour ce survivant de la Frêchie, très proche de Michaël Delafosse, dont le licenciement coûterait un chèque à cinq zéros.

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