« Nicolas Bourriaud n’a pas bien saisi ce qui s’est passé le 28 juin »

Michaël Delafosse, le nouveau maire de Montpellier et président de la Métropole, a réservé son premier grand entretien sur la culture à LOKKO. Plus d’une heure de discussion à la terrasse du café Le Riche, qu’il a choisi pour ce rendez-vous, le mercredi 23 septembre. Nous en publions un extrait qui a trait exclusivement au MoCo tant il contient d’indications sur ce qu’il appelle « un nouveau style » pour la culture.

D’autres extraits sont à venir sur sa méthode, son projet, sur le management au domaine d’O, la réflexion menée sur la ZAT, la succession de Jean-Paul Montanari, son rapport aux artistes locaux, notamment. Dans le domaine culturel, il promet « une alternance, un nouveau souffle ».

 

Les rumeurs, les éléments de langage de l’entourage du candidat Delafosse : tout indiquait que Nicolas Bourriaud pourrait faire les frais de l’alternance politique. La position de Michaël Delafosse va même au-delà de la réserve qu’on lui prêtait envers le commissaire d’exposition, critique d’art et historien de l’art d’envergure internationale, mis en place en 2015 par Philippe Saurel. Entre Michaël Delafosse et Nicolas Bourriaud, le directeur du MoCo, le contentieux est sérieux. Peut-être irréversible. C’est en tout cas ce que laisse penser cet entretien.

On le sent en tous points remonté contre l’actuel patron du MoCo, cet établissement qui regroupe, depuis 2017, le nouveau centre d’art appelé Hôtel des collections, rue de la République, près de la gare, la Panacée, rue de l’école de pharmacie et l’école des Beaux-Arts.

Son premier grief est d’ordre budgétaire. Le maire de Montpellier parle de dépenses de communication « pharaoniques, disproportionnées, pas transparentes », qui se chiffrent à 1,5 million d’euros. D’un « déficit de 200 000 euros pour l’année d’ouverture ». Qu’il ne compte pas éponger.

Il regrette ensuite que Nicolas Bourriaud se soit « autorisé à qualifier » son élection, en estimant qu’elle relevait d’ « une continuité ». « Il n’a pas bien saisi ce qui s’est passé le 28 juin », cingle-t-il en évoquant « un nouvel appel à projets » pour le MoCo.

En off, à la fin de l’entretien, il évoquera sans le citer « ces personnes qui arrivent dans la ville et décident de ce que doit être son identité ».

Evoquant une interview dans LOKKO [« Entre Philippe Saurel et moi, c’est comme entre François Mitterrand et Jack Lang » / le lien ici], il s’indigne qu’on puisse établir ce genre d’analogie, relevant selon lui, d’une « représentation florentine de la culture ».

Lorsqu’on lui demande s’il ne va pas faire du Saurel en écartant Nicolas Bourriaud comme l’ancien maire l’avait fait de deux de ses proches [Régis Penalva à la Comédie du Livre et Numa Hambursin au Carré Sainte-Anne], voici ce qu’il dit.

Image : Cristobal Desconnets et Mégane DeLorean Burckel de Salut Salut Internet (podcast et pop culture). Lien ici.

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4 commentaires sur “« Nicolas Bourriaud n’a pas bien saisi ce qui s’est passé le 28 juin »”

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