De Sète à Ushuaïa à bord du Luna Blu

Voici le journal de navigation de la montpelliéraine Sandrine Locci partie de Sète en septembre dernier pour une croisière environnementale qui la mènera jusqu’à Ushuaïa. Retour prévu en mars 2020. Chaque semaine, LOKKO en publiera un extrait associé à une carte postale/vidéo. Actuellement, l’équipage est à Ilha Grande, à 200km au sud de Rio. Ci dessous la baie de Rio la nuit puis le départ de la métropole brésilienne.

De Sète à Ushuaïa. 13 500 km, 84 jours de navigation, 16 escales. C’est une croisière inédite et une navigation de solutions. Navigateurs et parents d’un petit garçon de 6 ans, les Montpelliérains Jean-Luc Tollemer et Sandrine Locci ont décidé de témoigner de la richesse de la planète et de ses océans en allant, en voilier, à la rencontre de leurs habitants.
Le périple a commencé le 17 septembre 2018 à Sète. La famille navigue à bord du voilier Luna Blu, propriété de la société Carbone-free, partenaire de cette aventure initiée par Planète en commun à Montpellier. Le Luna Blu est actuellement à plus de la moitié de l’itinéraire avec 6 pays traversés, une vingtaine d’escales.

Au loto du plus bel environnement sur terre, le Brésil a fait carton plein !

Dimanche 17 mars 2019. Il est 17h14 et nous sommes à Ilha Grande.

Au pays de Blue et Perla comme chacun le sait et comme ailleurs dans le monde, tout n’est pas rose. En revanche une chose est certaine, la planète a été carrément généreuse avec le Brésil, côté nature. Elle s’en mord sans doute un peu les doigts aujourd’hui mais c’est comme ça. Au loto du plus bel environnement sur terre, le Brésil a fait carton plein ! Fait un peu chaud maintenant avec le réchauffement climatique mais sinon un vrai petit paradis !

Bon heureusement que l’homme a été là pour mettre un peu d’équité dans tout ca et de ce côté là, on peut évidemment compter sur le nouveau président du pays pour terminer le travail et ramener peut-être le Brésil au rang de la Belgique en terme de biodiversité. Mais comme dit Mathieu qui a fait l’année dernière un bout de chemin avec nous, faut pas confondre Etat et pays ; un principe plein de bon sens que j’ai volontiers adopté et qui autorise tous les espoirs.

Et c’est sans doute ce qui m’a plus dans Rio, son espoir. Une ville où tout est possible ; le pire sans doute, qu’on n’aura pas vu mais aussi le meilleur, entre-aperçu. Une ville née avec une cuillère en argent dans la bouche, entre mer et montagne, bleu ciel et vert forêt, qui a fait grandir ses immeubles à l’ombre des pitons rocheux et au bord des plages de sable fin ; où des générations de cariocas se sont fait bronzer sous un parasol à franges en sirotant de l’eau de coco même à Copacabana où la glacière est toujours à la mode. Une ville brillante et pailletée comme son carnaval mais qui a su rester simple comme ce quartier d’Urca où nous avons passé près d’une semaine aussi à l’aise que si nous avions loué dans une modeste station balnéaire avec juste ce qu’il faut de cachet.

Une chouette ville, qui, grande classe, vous cède volontiers la place de la vedette, en haut du Corco ou du Pao de azucar dans un décor de légende. Une ville amie au contact de laquelle on aimerait rester plus longtemps, histoire de chopper son truc. Une ville généreuse qui a décidé de partager sa succes story avec toi, le temps de ton passage, un peu comme Flavio Canto, ce beau gosse médaillé olympique, qui sur un simple coup de fil, nous a ouvert, royal, les portes du centre olympique du Brésil et applaudi sur un tatami avec la fine fleur du judo brésilien et les enfants des favelas.

Une situation un peu folle, comme Rio, ses strass et sa simplicité, sa grandeur et sa modestie. Si Rio nous a gardé plus longtemps, c’est à cause d’une grosse fièvre qui a imposé à notre équipage un nécessaire repos et ralenti notre course. Nous n’en avons pas vu beaucoup plus que le soleil qui se lève et se couche imperturbablement dans cette incroyable baie que les Français ont bien tenté de ravir aux Portugais, les uns comme les autres « ayant oublié » que cette terre-là étaient déjà occupée. Mais ces 4 jours de rab m’ont définitivement conquise et j’ai quitté Rio avec l’espoir peut être un peu trop grand, que des chics filles et des chics types réussissaient ici à sortir du caniveau ceux qui sinon pourraient y rester, même en se tournant tous les jours vers les bras du Corco.

Sandrine Locci