Festival de Radio-France : Montpellier vaut bien deux messes

Au mitant du festival Radio France, un habitué des lieux : Hervé Niquet et son ensemble, le Concert Spirituel offre deux œuvres méconnues : une messe de Requiem de Martini et une messe solennelle de Berlioz.

Johann Paul Aegidius Martini, musicien officiel à la cour de louis XVI, est passé à la postérité avec la chanson Plaisirs d’amour. Sa messe de requiem a été donnée lors de la translation des dépouilles du roi en 1815 en la basilique de St Denis. Voilà une œuvre intéressante et percussive emplie d’ accents mozartiens ; la configuration des chœurs face à face augmente la force des dialogue. La voix profonde d’Adriana Gonzalez contribue à la force de l’introduction de ce Requiem. Un petit regret cependant : le choix d’une prononciation « à la française » qui transforme l’Agnus Dei en Anus déi et gomme ainsi tous les sons ou de la partition, rendant parfois les aigus des soprani fort métalliques.

La messe solennelle de Berlioz a été longtemps réputée disparue : le compositeur insatisfait par cette œuvre de jeunesse avait décidé de la brûler et aucun exemplaire n’y a résisté jusqu’à la découverte d’une copie manuelle en 1991 à Anvers. Force est de s’incliner devant la lucidité de l’auteur ! L’œuvre est indigeste et les poncifs musicaux se succèdent malgré l’énergie déployée par le maestro en redingote : une gestique effrénée qui tend parfois à la gesticulation entraînant quelques décalages avec l’orchestre et les chœurs comme dans le départ du Quoniam.
La belle interprétation des solistes Adriana Gonzalez, Sébastien Droy et la basse Mikhail Timoshenko dont les aigus sont remarquables, leur cohésion avec les chœurs emportent la partie et le succès auprès du public.

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