« Pour ne pas trop boire le bouillon, on va réduire la programmation »

Organisé par Occitanie Films, une visio-conférence par ZOOM a réuni une dizaine de directeurs de festivals de la région, parmi lesquels Christophe Leparc qui s’est exprimé sur l’impact du Covid sur le festival du cinéma méditerranéen. Les films de sa programmation internationale devront sans doute se passer de la présence de quelques-uns de leurs réalisateurs. 

 

 

Karim Ghiyati, le directeur d’Occitanie Films, a réuni sur ZOOM, ce mardi 9 juin, de nombreux professionnels du cinéma (une soixantaine de participants en tout) pour une rencontre entrant dans le cadre d’une série de visio-conférences avec le monde du cinéma en région.
Pour beaucoup, cette prise de contact était la première occasion de revoir des confrères et d’évaluer en commun les débats et les dégâts liés à la pandémie.

Même si les échelles ne sont pas les mêmes d’un festival à l’autre, on a senti globalement une double posture entre inquiétude et combativité. Ce qu’Antoine Leclerc d’Itinérances à Alès [qui a perdu 130 000 euros de billeterie] a bien exprimé : « Cette crise a été à la fois une expérience douloureuse mais l’occasion aussi, même si la démonstration est chère payée, de réfléchir à nos pratiques ». « Comment relancer une activité festive avec une épée de Damoclès au dessus de la tête ? Ce sont des questions inédites qui se posent à nous » a commenté Alain Bouffartigue, président de Ciné 32 à Auch.

Malgré la réussite de telle ou telle initiative en ligne [8000 personnes connectées au site du festival « Séquence Court-Métrage » à Toulouse] ou la sollicitude du public [« nous avons eu tous les jours des pressions amicales pour maintenir notre festival, ce soutien du public nous a touchés » a témoigné Sébastien Lasserre de Gindou Cinéma dans le Lot], la profession reste sous le choc et navigue à vue. « Le Covid a provoqué un assèchement du secteur par la non-concrétisation de nombreux projets de films. Quant à ceux qui étaient prêts, et que nous avions programmés, nous n’avons pas pu les voir ! » a renchéri Alain Bouffartigue.

Pas d’invités non-européens, des sponsors en moins

« Nous n’imaginions pas que cette crise allait impacter aussi les festivals d’automne et ceux de 2021 » s’est alarmé à son tour Antoine Leclerc d’Alès. La preuve de cet impact au long cours a été donnée par Christophe Leparc qui dirige le festival du cinéma méditerranéen à Montpellier, prévu du 16 au 24 octobre 2020. « Nous sommes contraints à une grande souplesse programmatique. On construit notre programme 2020 sur des hypothèses. Une chose est quasi sûre en revanche : il sera impossible d’avoir des invités hors-Europe. Comment faire alors ? Nous pouvons envisager des visio-conférences avec certains réalisateurs, c’est plus difficile à imaginer pour les hommages.
Si les collectivités locales [Ville et Métropole de Montpellier et la région Occitanie] ont confirmé leurs subventions, nous déplorons la perte de nombreux partenaires privés. Ce sont des coûts supplémentaires pour le festival car nous étions liés à certains par des échanges de marchandise. Nous devons également anticiper une baisse de la billetterie, dans l’hypothèse où la capacité d’accueil serait toujours réduite à cette période.
Même si nous aurons moins de frais liés au déplacement des invités, les charges restent les mêmes, en particulier celles liés aux lieux qu’on investit pendant le festival. Doit-on se passer de certains lieux ? En outre, nous n’avons pas pu bénéficier du chômage partiel car l’activité, en ce moment, est à son comble pour nos équipes.
Pour ne pas trop boire le bouillon, on va réduire la programmation. Et il va nous falloir une grande souplesse : les adducteurs vont souffrir ! »

 

En photo : « Noura rêve », film tunisien avec Hend Sabri, présenté lors de l’édition 2019.

www.cinemed.tm.fr

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