La galerie Bouchind’homme : une folie divine…

Ouverte le 8 septembre dernier, cette nouvelle galerie est la deuxième galerie à s’installer en rez-de-chaussée de ce qu’on appelle les folies montpelliéraines, après celle de l’Arbre blanc. La jeune galeriste, Géraldine Bouchindhomme, y offre un écrin de luxe aux artistes de la région.

Pour ouvrir la galerie d’art de ses rêves, Géraldine Bouchindhomme a fait l’acquisition d’un lieu hors norme : le rez-de-chaussée de la Folie Divine, bâtiment atypique de Port Marianne, conçu par l’architecte Farshid Moussavi. 

La jeune galeriste a mené plusieurs vies. Attirée par la physique quantique et les questionnements existentiels, elle passe un bac scientifique tout en cultivant une forte sensibilité artistique. Par vocation avant tout, celle de transmettre la culture à travers les apprentissages, elle entre dans l’éducation nationale en tant que professeure des écoles. Tout au long de ces années passées, de futurs projets ont eu le temps de germer.

En 2016, sa rencontre avec celui qui deviendra son compagnon, l’artiste-peintre Patrice Palacio (dont on voit les œuvres sur cette photo ci-dessous) va tout changer. De plus en plus présente à ses côtés, elle s’investit dans le monde de l’art en organisant des expositions éphémères. L’éducation nationale quittée, elle embrasse sa nouvelle vie… mais le Covid est venu jouer les trouble-fête.


“Pérenniser la dinguerie”

Les expositions s’annulant les unes à la suite des autres et la crise sanitaire entraînant un manque de visibilité sur les mois à venir, il est temps de passer à l’étape suivante. “Si je voulais continuer sérieusement, il me fallait mon propre lieu d’exposition. Je ne voulais dépendre de personne. J’avais ce projet de galerie depuis longtemps et le Covid a été le déclencheur. J’ai voulu mettre à profit cette période afin de pérenniser mon projet“. Dès l’automne 2020, elle se met en quête d’un local.

Elle concentre son champ de recherche sur le quartier montpelliérain de Port Marianne. “J’avais la volonté de créer un lieu de vie, lieu d’échanges et de culture, dans ce quartier très urbanisé, résolument contemporain et en plein essor, et de favoriser des interconnections au sein de la population. L’art et la culture sont à mon sens un très bon moyen de construire du lien social”.

Par la SERM (Société d’équipement de la région montpelliéraine), elle apprend l’existence d’un local de 140 m2 divisé en deux espaces (et une terrasse attenante) au rez-de-chaussée de la Folie Divine de l’architecte anglo-iranienne Farshid Moussavi. C’est le coup de cœur. C’est un grand bâtiment blanc aux murs arrondis, aux balcons curvilignes et à l’allure futuriste. Il a vu le jour en 2017 dans le cadre du concours de la Folie Richter, un projet mené en 2013 par la maire d’alors Hélène Mandroux, destiné à enrichir le paysage urbain de la ville.

L’acquisition étant soumise à l’agrément de la SERM (ce qui explique le nombre impressionnant d’officiels à l’inauguration), Géraldine assure entretiens et élaboration d’un dossier détaillant son projet de galerie privée. L’accord obtenu, elle peut bénéficier d’un joli petit prêt et devenir propriétaire des murs de sa future galerie en juin 2022. Commencent alors 4 mois de travaux acharnés avant l’ouverture, début septembre. 

“Le pendant féminin de l’Arbre Blanc”

Le quartier accueille une autre galerie d’art : La Fenêtre, située au rez-de-chaussée de l’Arbre Blanc, autre folie architecturale culminant à 50 mètres de hauteur, imaginée cette fois-ci par les architectes Sou Fujimoto, Nicolas Laisné et Manal Rachdi. Loin d’y voir une concurrence directe, Géraldine Bouchindhomme préfère évoquer une “symbiose artistique” : “Port Marianne pourrait devenir un quartier de galeries. Avec ‘La Fenêtre’, on n’est pas en concurrence. On ne travaille pas avec les mêmes artistes, nos fonctionnements et nos objectifs sont différents.”

La jeune galeriste souligne même leur complémentarité stylistique : L’Arbre Blanc, conçu par des hommes, contraste avec ses lignes droites et son hérissement de balcons, aux courbes plus féminines et rondes de la Folie Divine, bâtiment imaginé par une femme. Pour Géraldine, la Folie Divine est le parfait “pendant féminin” de l’Arbre Blanc.

Des artistes by Occitanie

Le 3 septembre, la galerie était inaugurée en présence de dix artistes exposants (la plupart étant de la région) : Tássia Bianchini, Hadrien De Corneillan, Karine Detcheverry, Yann Dumoget, Xavier Escribà, Frédéric Fau, Francis Guerrier, Marie Guerrier, Patrice Palacio et Gérard Lucian Ricard. Les projets ne manquent pas. Géraldine Bouchindhomme travaille à des expositions mensuelles, au lancement d’ateliers, de master class, et de conférences organisées avec l’association Les Ateliers De Vinci. 

Si elle désire promouvoir le travail d’artistes locaux, Géraldine Bouchindhomme ne s’impose pas de limites. Les idées ne manquent pas : notamment des performances dansées sur sa terrasse.

“Vive les artistes, vive l’Art !” avec Tássia Bianchini, Hadrien De Corneillan, Karine Detcheverry, Yann Dumoget, Xavier Escribà, Frédéric Fau, Francis Guerrier, Marie Guerrier, Patrice Palacio et Gérard Lucian Ricard. Exposition jusqu’au 15 octobre 2022, Folie Divine 5 rue Léonard de Vinci, Montpellier.

Site officiel, ici.

Crédits photo : galerie Bouchind’homme, Ambre Prevost-Hennebelle, Atelier TPNG. 

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